Serge Tchaha - Pour le Président Mobutu, ancien Président de la RDC, il valait mieux parler de pays sous-équipés que de pays pauvres mais, en tous les cas, il faut reconnaître qu’il y a un écart entre les niveaux de vie entre le Nord et le Sud.
À ce chapitre justement, il nous semble que, de manière générale, le taux de pénétration d’Internet, des NTICs donne du degré d’avancement d’une société. De toute façon, où invente-t-on les FACEBOOK et Twitter de ce monde? Dans quels pays ingaure-ton la vente des iPhone, iPad ou iTouch?
Responsable de la production de 6,3% du PIB norvégien et de 21% de la croissance dans les pays du G8 (moins la Russie) + Corée du Sud et Suède – au cours des 5 dernières années selon McKinsey –; permettant à 28 millions de Français d’effectuer des achats de 31 milliards d’euros en 2010, générant la création de 700 000 emplois dans le même pays en 15 ans; aidant Google à réaliser un bénéfice de 2,51 milliards au deuxième trimestre de 2011, Internet semble être le média des riches, des Occidentaux, des peuples du Nord. Ce d’autant plus que l’Afrique ne compte que 5% des internautes alors qu’elle possède un milliard d’habitants sur les sept que porte la terre.
Et si cette perception était fausse? Et si plutôt, a contrario, Internet était, par les possibilités qu’il offre, les gratuités qu’il propose, un média pour les pauvres ou les sous-équipés?
La gratuité sur Internet : la qualité de vie et la productivité
Les modèles d’affaires générés par « l’industrie » du Net obligent souvent certaines compagnies à offrir une part ou l’ensemble de leur offre de service à 0$. Elles obtiennent ainsi une masse critique de membres ou d’utilisateurs et peuvent devenir, de facto, des médias intéressants pour les annonceurs, car elles ont une audience potentielle fort intéressante. Cependant, cela n’entame en rien la qualité du service. C’est notamment le cas des :
Skype
Imaginer pouvoir parler des heures durant avec les gens dispersés à tous les coins du monde et ce, de manière gratuite – d’ordinateur à ordinateur. Pensez aux réunions qui deviennent possibles entre professionnels d’une même entreprise sans que cela n’affecte la marge bénéficiaire de l’entreprise. Pensez au professeur qui peut assurer, malgré un voyage impromptu, une séance de cours avec ses élèves par la magie d’Internet et de l’ordinateur. Songez à comment l’expertise de la diaspora pourrait être sollicitée et exploitée. Ce sont les possibilités offertes contre une simple inscription sur ce site. Son impact sur la vie de tous les jours ou la vie en entreprise est réel.
En plus de retrouver ses amis, n’est-ce pas intéressant d’utiliser gratuitement ce réseau social pour y chercher du travail? Entrer en contact avec les membres de sa profession? Suivre les dernières actualités de ce champ d’expertise?
Google, en nous permettant d’accéder à l’information de manière gratuite, nous aide à être plus efficient, et avec la numérisation et la mise en ligne en ligne de certaines œuvres, la démocratisation du savoir sera encore plus grande. Et au-delà de Google, la Banque Mondiale a récemment rendu public et gratuit un livre qui traite des réformes qui montrent comment l’Afrique se transforme. Sans cette numérisation, ce livre, qu’il faudrait acheter, aurait pris des semaines avant d’arriver dans les librairies africaines. N’est-ce pas là un outil précieux qui mérite d’être accessible au plus grand nombre, même aux Africains?
L’avènement de l’e-consommateur africain
Ce qui nous paraît aussi important dans les efforts à fournir pour une plus grande démocratisation d’Internet, réside dans le potentiel de commercialisation qu’il recèle. Prenons par exemple le site web dpstream.net. C’est une sorte de gigantesque club vidéo sur Internet où il est possible de regarder films, séries TV, mangas… contre un certain montant – il y a 72 minutes de gratuité par jour. Vous pourriez par exemple avoir accès de manière illimitée à toutes ces vidéos, pendant deux ans, pour la modique somme de 100$.
Avec le NOLLYWOOD – cinéma nigérian – qui trône dans le trio de tête mondial en termes de nombre de films produits, vous rendez-vous compte du potentiel de ce canal de distribution? Mesurez-vous à quel point Internet aidera à diffuser la culture africaine, en Afrique et ailleurs?
Mais pour tout cela, il faudra bien sûr améliorer nos infrastructures. Il faut se féliciter du déploiement de la fibre optique sur nombre de régions du Continent. Espérons également que des initiatives visant à favoriser l’achat des ordinateurs soient prises. Pourquoi ne pas songer à des usines de fabrication/montage d’ordinateurs? Car il faudra bien que les maisons soient équipées d’ordinateurs, même s’il s’agit de marque bas de gamme, si l’on veut propager Internet.
Fantaisie? Utopie? Occidentalisation? Que neni! Nous devons simplement décider si oui ou non, nous voulons FAIRE D’INTERNET LE LUXE DES PAUVRES.
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