Serge Tchaha - Le mois dernier, le Fonds monétaire international (FMI) a rendu public un rapport sur les perspectives économiques et financières en Afrique subsaharienne. Nous désirons partager avec vous 3 éléments qui nous paraissent être majeurs dans ce document : Croissance en Afrique, croissance des 5 principales économies et l’année électorale 2011.
Perspectives de croissance 2010-2011 en Afrique subsaharienne
Le rapport mentionne précisément que :
«Les perspectives pour la région sont prometteuses. Étant donné que l’expansion de la production mondiale devrait se poursuivre, les services du FMI prévoient que, en l’absence de nouveaux chocs, la croissance économique sera plus prononcée en 2011 qu’en 2010 dans la plupart des pays de la région : pour le pays médian, le taux de croissance augmenterait de plus de point d’une année à l’autre. Globalement, la croissance économique devrait être de 5½ % en 2011, contre une expansion d’un peu moins de 5 % cette année.»
Cependant, ce niveau de croissance là sera tributaire du fait que parmi les 44 pays de cette zone, aucun ne connaisse un taux de croissance négatif. Or, ce scénario n’est pas si habituel, comme en témoigne le graphique qui apparaît ci-bas.

Quelles sont les perspectives de croissance 2010-2011 pour les 5 premières économies d’Afrique subsaharienne?
Voici les 5 premières économies de l’Afrique subsaharienne ainsi que les prévisions de croissance selon l’institution de Bretton Woods dirigée par Dominique Strauss Kahn :
- Afrique du Sud
- PIB (2009) : 287.2 milliards $ et PIB PPA : 505.3 milliards $
- Croissance prévue en 2010-11 par le FMI : 3-3,5%
- Nigéria
- PIB (2009) : 173,4 milliards $ et PIB PPA : 339 milliards $
- Croissance prévue en 2010-11 par le FMI : 7,5%
- Angola
- PIB (2009) : 68.76 milliards $ et PIB PPA : 107 milliards $
- Croissance prévue en 2010-11 par le FMI : 6% en 2010 et 7% en 2011
- Éthiopie
- PIB (2009) : 32.32 milliards $ et PIB PPA : 77,47 milliards $
- Croissance prévue en 2010-11 par le FMI : 8-8,5%
- Kenya
- PIB (2009) : 32,72 milliards $ et PIB PPA : 62,56 milliards $
- Croissance prévue en 2010-11 par le FMI : inférieure à 6%
Dix-sept élections en 2011 : quand la politique peut influer sur l’économie
L’année 2011 sera pour l’Afrique subsaharienne une année riche sur le plan électoral. D’ailleurs d’après le FMI, ce pourrait être l’une des années les plus chargées électoralement parlant. En témoigne le schéma qui apparaît plus bas :

Cette année exceptionnelle a amené le FMI a posé la question suivante : les cycles économiques sont-ils influencés par la politique en Afrique subsaharienne?
« Si on fait la moyenne de tous les pays et de toutes les élections, il apparaît que la croissance des dépenses publiques et les soldes budgétaires sont à peu près les mêmes chaque année d’un cycle électoral typique. Bien que les soldes budgétaires soient légèrement plus faibles en moyenne pendant les années électorales et que les dépenses soient légèrement plus élevées en moyenne pendant l’année qui suit une élection, les différences ne sont pas significatives. Qui plus est, si l’on considère la plupart des pays isolément, la plupart du temps, les soldes budgétaires sont en fait plus élevés pendant les années électorales que pendant les années précédentes.»
Envoyer des signaux clairs aux investisseurs
La "fragilité" démocratique de nombre d’États de cette zone doit obliger les chefs des différents pays concernés par ces échéances d’envoyer des signaux clairs aux investisseurs tant nationaux qu’internationaux.
Il va de soi que l’attractivité des pays qui donneront le sentiment que le lendemain des élections pourrait être catastrophique si ce n’est chaotique, diminuera. Or, il est clair que l’observation du risque politique est une des priorités des investisseurs tant nationaux qu’internationaux.
Au moment où les pays africains clament leur volonté d’entrer dans le club des émergents – et donc, ont besoin d’investisseurs, chacun conviendra que ce n’est pas le temps de donner le sentiment que des conflits sociaux ou des guerres civiles pourraient entraver l’activité économique du pays.
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