À six mois de la fin de son mandat, le président brésilien Lula Da Silva effectue actuellement sa dernière tournée africaine afin de consolider et renforcer l’influence de son pays sur le continent. Il s’agit de son cinquième voyage en deux mandats, ce qui témoigne de l’intérêt grandissant du géant sud-américain pour l’Afrique en matière économique. En effet, selon les chiffres du ministère brésilien du Commerce extérieur, depuis 2003 (année de son arrivée au pouvoir) les échanges commerciaux entre les deux parties auraient triplé. Ils sont passés ainsi en sept ans de 6,15 milliards (2,68 milliards de dollars d’exportations brésiliennes) à 17,15 milliards (8,69 milliards de dollars d’exportations brésiliennes) de dollars. C’est sous sa présidence que le Brésil s’est le plus rapproché du continent africain.
Invité d’honneur de la 38e conférence des Chefs d’États et de gouvernements de la communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), le président Lula a réaffirmé devant les 10 Chefs d’États africains présents, que ce rapprochement n’est pas une volonté personnelle mais une décision du Brésil de nouer une coopération fructueuse avec le continent africain avant d’ajouter que le Brésil et l’Afrique étaient « unis pour le futur » et qu’il y avait donc pas à s’inquiéter quant à la continuité des relations entre les deux. Preuve en est, en mars dernier, le groupe brésilien Vale, premier producteur de fer et deuxième groupe minier mondial, présent en Guinée, au Gabon, en Angola, en Zambie et en Afrique du Sud, a annoncé un investissement de 1,3 milliards de dollars pour exploiter un des plus grands gisements de charbon du monde au Mozambique. Il s’agit là du plus important investissement annoncé par une entreprise brésilienne sur le continent africain.
Par ailleurs, le Brésil a annoncé plusieurs projets en faveur du développement économique de l’Afrique, en plus des 35 autres que le pays a déjà financés dans 16 pays africains pour un montant de 10 millions de dollars. Il souhaite particulièrement renforcer la présence de sa compagnie pétrolière Petrobas et signer des contrats pour des grands travaux d’infrastructure où les entreprises brésiliennes sont déjà très compétitives. Cependant, malgré une présence de plus en plus agressive en Afrique, le Brésil reste un acteur mineur comparé à la Chine. En effet, selon le Financial Times, les échanges commerciaux entre cette dernière et l’Afrique ont décuplé depuis le début de la décennie pour atteindre 106,8 milliards de dollars en 2008, avant de baisser à 91 milliards en 2009, en raison de la crise financière et économique internationale. C’est pourquoi, accompagné d’une importante délégation d’hommes d’Affaires comme lors de ses précédents voyages, le président Lula s’efforce avec cette ultime tournée dans six pays africains (Cap-Vert, Guinée-équatoriale, Kenya, Tanzanie, Zambie, et Afrique du Sud) d’étendre l’influence économique de son pays sur le continent.
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