Bien que les statistiques ne soient pas toujours disponibles, le marché de l’emploi en Afrique comporte des secteurs qui, traditionnellement, sont considérés comme d’importants pourvoyeurs d’emplois. Il en est ainsi de l’agriculture. Certains autres, notamment les technologies de l’information et de la communication, sont en émergence et pourraient, s’ils ne le font déjà, offrir à plus ou moins brève échéance, d’importantes opportunités d’emplois dans un environnement où la scolarisation a réalisé d’énormes progrès.
Pendant de longues années, l’agriculture et les activités agropastorales sont apparues comme les plus grands pourvoyeurs d’emplois en Afrique. En effet, dans nombre de pays, plus de la moitié de la population vit en campagne où elle pratique une agriculture extensive, l’élevage, la pêche et les activités piscicoles. En plus des producteurs proprement dits, une foule d’intervenants exercent dans le transport, la commercialisation et la distribution. Par ailleurs, les grandes entreprises agro-industrielles qui se sont développées depuis quelques années comptent elles aussi parmi les plus gros employeurs.
Au Cameroun par exemple, la Cameroon Development Corporation (CDC), un vaste complexe agro-industriel, apparaît après l’État comme le plus grand employeur. Des milliers de manœuvres y travaillent dans ses exploitations agricoles; il en est de même de ses usines qui transforment les denrées issues des plantations. Il y a par ailleurs le personnel d’encadrement, les administratifs, les commerciaux, etc. auxquels il faut ajouter les nombreux emplois indirects générés par ces activités.
À côté de l’agriculture, il y a le textile. Les spécialistes affirment que le coton a « un effet multiplicateur important, avec environ une dizaine d’étapes allant de la culture du coton en passant par sa récolte, la filature, la teinture des fils, le tissage, la teinture du pagne tissé, la bonneterie, la confection, le lavage des produits et la vente ».
Des filières porteuses
Ces différentes filières font du secteur textile le plus grand pourvoyeur d’emplois en Afrique de l’Ouest après l’agriculture. Les statistiques fournies à cet effet sont des plus édifiantes. Le coton utilise environ 65 à 70% des artisans au Mali, 50% au Burkina Faso, entre 30 et 40% au Ghana. Dans un pays comme le Burkina Faso, par exemple, on recense 400 000 exploitations agricoles familiales qui produisent du coton – 300 000 artisans textiles. Au total, trois millions de personnes (sur 14 millions) vivent directement ou indirectement des activités économiques liées au coton.
L’État dans la plupart des pays demeure le plus grand pourvoyeur d’emplois. En effet, pour remplir ses missions régaliennes, il recrute un nombre important de personnels de divers profils qui exercent dans l’administration générale, et divers secteurs de la vie publique. Les emplois salariés de l’État, par leur stabilité, attirent toujours plus de jeunes gens désireux d’y faire carrière. Mais, avec le temps, le secteur public tend à être saturé. Et du fait de moyens limités dont disposent la plupart des États, les recrutements ont tendance à se raréfier, d’où le recours au secteur informel.
Le secteur informel permet ainsi de suppléer au manque de structures publiques et privées capables de recruter la main-d'œuvre disponible. Si, il y a quelques années on y retrouvait que des analphabètes, la situation a considérablement évolué : les diplômés de l’enseignement supérieur en quête d’emplois et même les licenciés des entreprises ont envahi ce secteur (petit commerce, transport par moto, etc.). Ce secteur a tellement pris de l’importance que les autorités publiques envisagent dans certains cas de le « formaliser » afin d’en tirer un maximum de profit notamment par le biais de la fiscalité.
Les TIC : voie du futur
Certains autres secteurs connaissent des progrès remarquables depuis quelques années. Il en est ainsi du tertiaire, où les télécommunications ont damé le pion aux assurances et aux banques. D’après Yves Castanou, directeur général de l'Agence de régulation des postes et des communications électroniques (Arpce) du Congo Brazzaville, dans ce pays, les technologies de l'information et de la communication (Tic) seront le premier secteur pourvoyeur d'emplois dans la décennie 2010-2020, compte tenu des énormes potentialités qui s’offrent dans ce secteur aux jeunes diplômés. Et le Congo est loin d’être seul dans cette situation. En effet, dans la plupart des pays, le développement de la téléphonie mobile et de l’internet, favorisé par la libéralisation du secteur des télécommunications, a permis à un nombre significatif de jeunes gens de se trouver un emploi décent et bien rémunéré. Informaticiens, ingénieurs des télécommunications, commerciaux et publicitaires trouvent facilement du travail d’autant qu’un peu partout, on compte quatre voire plus d’opérateurs de téléphonie mobile et d’internet. À une échelle plus réduite, les Business Centers, qui intègrent des activités de téléphonie, l’internet et la Pao, ont connu un véritable boom, offrant par la même occasion d’innombrables opportunités d’emplois.
Un autre secteur qui connaît des progrès et qui mériterait d’être mieux exploré pour fournir un maximum d’emplois, c’est le tourisme. Le besoin en personnels qualifiés qui pourraient travailler dans les circuits touristiques, l’hôtellerie et la restauration, se fait sentir, dans un secteur en pleine expansion. Par ailleurs, l’émergence du tourisme pourrait à son tour favoriser le développement de l’artisanat, et donc plus d’opportunités d’emplois.
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