Il n’est plus un secret pour personne que l’Afrique est le continent où la croissance de la téléphonie mobile est la plus spectaculaire. Selon une récente étude de Wireless Intelligence, elle a enregistré avec ses 547,5 millions d’abonnés comptabilisés à la fin de 2010, une progression de plus de 20% par rapport à l’année précédente. Il n’est donc pas étonnant dans ce contexte que les plus grands fabricants de téléphones mobiles internationaux se ruent depuis quelques années sur ce marché et se bousculent pour prendre la première place occupée par le finlandais Nokia, déjà numéro un mondial avec près de 40% de parts de marché.
En effet, face au ralentissement de la demande dans les pays développés, ces multinationales ont été contraintes de se tourner vers les marchés émergents comme l’Afrique. Avec 300 millions de téléphones vendus en 2008 sur un total de 1,2 milliard dans le monde et une croissance annuelle de 65%, le continent africain fait l’objet de beaucoup de convoitises de la part de ces firmes qui proposent des modèles « 100% africains » à des prix relativement abordables. Nokia est très vite devenu, comme partout ailleurs dans le monde, le leader incontesté en Afrique. Présent dans une vingtaine de pays comme l’Égypte, le Kenya, le Sénégal, le Maroc, la Tunisie, le Mozambique, le Nigeria, le Sénégal ou encore l’Afrique du Sud, il détient plus de 50% des parts de ce marché. Implanté sur le continent depuis 2005, la firme finlandaise y a ainsi, au fil des années, renforcé de manière significative sa présence physique avec notamment l’ouverture de bureaux dans plusieurs parties de la région. Nokia qui prévoit un taux de pénétration de 69% en 2014 contre 39% en 2008, mise donc sur l’essor continu de la téléphonie mobile en Afrique pour atteindre son objectif de « plus de 300 millions de nouveaux utilisateurs d’ici 2014 ».
Mais malgré son leadership, ce numéro un mondial doit compter avec la concurrence des autres firmes spécialisées dans le secteur. Des concurrents potentiellement dangereux avec qui il est engagé dans une rude bataille pour la conquête de ce marché en pleine expansion et qui ont adopté la même stratégie que lui. Celle qui consiste à multiplier les implantations et les bureaux sur le continent afin de se rapprocher du consommateur et d’étendre ses réseaux commerciaux. C’est le cas par exemple de l’américain Motorola qui a installé des unités de fabrication de téléphones portables au Nigeria, pays qui reste le plus grand marché de la téléphonie mobile en Afrique devant l’Égypte et l’Afrique du Sud. Il représente 16% des abonnements de téléphone mobile sur le continent. Les compagnies chinoises ZTE et Huawei très présentes sur le continent depuis plusieurs années, gagnent également du terrain, notamment avec leur politique de prix défiant toute concurrence. Depuis peu, des marques élitistes comme Apple souhaitent aussi avoir leur part du gâteau sur le continent africain. Ainsi, le fabricant de l’iPhone a signé des accords de distribution et de marketing avec Orange et Vodafone, les plus grands opérateurs sur ce marché, pour vendre ses appareils dans des pays comme l’Égypte, le Cameroun, le Niger, le Mali, le Kenya ou encore le Sénégal.
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