Le 9 juillet prochain, la région semi-autonome du Sud-Soudan sera officiellement indépendante après 22 ans de guerre civile entre le Nord (arabe et musulman) et le Sud (chrétien et animiste), une des plus longues sur le continent africain et qui a fait 2 millions de morts et 4 millions de personnes déplacées.
En effet, les Sud-Soudanais ont voté quasi unanimement (98,83%) pour la sécession du Soudan lors du référendum d’auto détermination qui a lieu du 9 au 15 janvier dernier dans cette région soudanaise. Les résultats validés par le président soudanais Omar el Béchir en présence de Salva Kiir, président de ce 193e État du monde, ont été annoncés le 7 février par la Commission du référendum au Sud-Soudan (SSRC). Mais, ces derniers ne seront effectifs qu’après le 9 juillet, date qui marque la fin de la période de transition de six ans fixée par l’accord de paix de 2005 qui a mis fin à la guerre civile.
Ainsi, le Sud Soudan, en devenant indépendant avec ses 8 millions d’habitants, vient compléter la liste des pays pétroliers du continent africain. Selon les spécialistes, avec les 500 000 barils produits par jour actuellement et près de 70% des réserves totales de cette manne pétrolière qui se trouvent dans sa zone, ce nouveau pays sera donc potentiellement riche. Cela d’autant plus que le pétrole représente 90% des exportations de « l’ancien Soudan », et donc la première source de devises étrangères. Pour autant, du fait de sa situation enclavée, le Sud Soudan ne pourra rien faire sans la coopération avec le Nord, car ces ressources pétrolières sont exportées avec les pipelines de ce dernier. Ainsi, comme l’a affirmé au magazine Courrier International, Simon Freemantle, un économiste de la Standard Bank, à Johannesburg, « la priorité essentielle pour le Sud Soudan pour enclencher une croissance économique soutenue est de se concentrer sur la construction d’infrastructures ».
En attendant, les deux pays doivent trouver un accord de coopération pour la répartition égalitaire des profits des ressources énergétiques, car les deux économies dépendent largement des revenus du pétrole qui contribuent à hauteur de 98% du budget du gouvernement sud-soudanais. La répartition actuelle qui est de 50% chacun, va forcément changer, au risque de faire du pétrole, un sujet de discorde entre les deux voisins. Le Nord, où se trouvent donc les raffineries et le port pétrolier, va sûrement tenter d’imposer des droits de passage sur les pipelines. Et, il semblerait que le débat sur cette épineuse question du partage des ressources pétrolières ait d’ores et déjà commencé comme l’attestent les propos du Dr. Atabani, conseiller du Président Omar El-Béchir : « Le partage sera de 70 à 30% ou 80 à 20% en faveur du Sud Soudan car le pétrole appartient à son sol ».


























