Le deuxième sommet arabo-africain de Syrte en Lybie, réunissant les chefs d’États et gouvernements arabes et africains, s’est achevé ce dimanche 10 octobre avec la décision d’adopter une « stratégie de partenariat » et un plan « d’action commun » visant à mettre sur pied une coopération économique et politique entre les deux parties. Plus de trente ans après le premier sommet tenu au Caire (Égypte) en mars 1977, ces dirigeants ont donc senti le besoin de se retrouver à nouveau pour tenter de consolider leur collaboration et relever ensemble le défi du développement.
La nouvelle stratégie afro-arabe ainsi décidée prévoit donc d’améliorer la gouvernance et le climat des affaires et de permettre aux pays concernés de renforcer leurs capacités économiques. Elle devrait également encourager et protéger les flux d’investissements dans les deux régions en ayant recours aux systèmes de garantie des investissements et aux institutions déjà existantes. Et comme l’a souligné le président de la Commission de l’Union africaine (UA), Jean Ping, la proximité géographique entre les pays africains et arabes représente « un avantage certain ».
M. Ping a appelé les riches pays arabes qui, selon lui, « disposent de vastes réserves d’épargne, de ressources financières considérables et d’immenses capacités d’investissements », à investir en Afrique pour l’aider à sortir de « la marginalisation économique dans laquelle elle est confinée ». Pour lui, le continent africain reste l’un des plus grands réservoirs de matières premières de la planète. Ainsi, pour résumer, les uns doivent apporter les ressources naturelles et les autres, les capitaux pour le développement de l’Afrique. Car, malgré la présence sur le continent africain, de quelques fonds d’investissements arabes comme la Banque Islamique de Développement (BID), la Libya Africa Portofolio (LAP), le Fonds arabe pour le développement économique et social (Fades) ou le Fond koweïtien, les possibilités d’investissements y restent relativement limitées.
Le guide de la Révolution libyenne, Mouammar Kadhafi, initiateur de ce sommet, a estimé, quant à lui, que les pertes subies par les pays arabes lors de la crise financière mondiale, auraient pu être évitées si ces derniers avaient investi leurs capitaux en Afrique. Au terme de leurs travaux, les différents chefs d’États africains et arabes se sont en outre, mis d’accord sur la création d’un fonds arabo-africain de lutte contre les catastrophes dont les ressources seront puisées des budgets de la Commission de l’UA, du secrétariat de la Ligue arabe ainsi que des contributions bénévoles des pays arabes et africains et des différentes institutions régionales et internationales. Un troisième sommet est prévu pour 2013 au Koweït.
Vitraulle Mboungou
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