Référence mondiale des classements de fortunes, le magazine américain Forbes publie chaque année son palmarès des personnalités les plus riches du monde. Ce classement, qui prend en compte les hommes dont la fortune est supérieure ou égale à un milliard de dollars, comprend plus d’un millier de personnalités.
Le classement de 2010 compte, sur 1011 milliardaires recensés, huit Africains avec au premier rang, l’Éthiopien Mohamed Al Amoudi classé à la 64e place avec ses 10 milliards de dollars. En Arabie Saoudite où il réside, ce magnat de l’industrie et de l’agroalimentaire arrive juste après la première fortune locale, le prince Alwaleed Bin Talal Alsaud. M. Al Amoudi est suivi de l’Égyptien Nassef Sawiris, première fortune des quatre milliardaires du même nom et le plus jeune de la dynastie (48 ans, classé 127e rang mondial) qui avec ses 5,9 milliards de dollars, occupe le statut de deuxième fortune africaine. Il devance ainsi son père Onsi Sawiris qui occupe la 4e place au niveau africain et la 307e au niveau mondial). À la tête d’une fortune évaluée à 3,1 milliards de dollars, on peut dire qu’il a bien assuré la relève de la dynastie avec trois fils occupant des positions de leader dans les télécommunications, le tourisme, la chimie et la finance. Il est suivi dans le classement africain par son second fils, Naguib Sawiris (374e rang mondial). Avec une fortune estimée à 2,5 milliards de dollars, il arrive loin devant son deuxième frère, Samih Sawiris, classé 655e rang mondial et 10e au niveau du continent. Il est le dernier milliardaire de la famille (1,5 milliard de dollars). Les quatre membres de la famille égyptienne Sawiris comptabilisent ainsi ensemble 13 milliards de dollars. La troisième fortune africaine évaluée à 5 milliards de dollars revient à Nicky Oppenheimer & family (154e rang mondial), qui contrôlait encore, il y a peu, De Beers, le plus grand producteur de diamants au monde. Le groupe détient un bloc dans le géant minier Anglo American et la réserve de Tswalu Kalahari, entre autres.
Le continent africain compte donc huit heureux élus cette année avec une fortune estimée à 25 milliards de dollars, dont 50 % revient aux quatre membres de la famille égyptienne Sawiris, 40 % à trois Sud-Africains (Nicky Oppenheimer & family, Johann Rupert et Patrice Motsepe) et 10 % au Nigérian Aliko Dangote et au Soudanais Mohammed Ibrahim. On remarque l’absence totale de l’Afrique centrale de ce classement, notamment francophone alors même que la sous-région regorge d’énormes richesses naturelles, en particulier le pétrole, le manganèse, l’or et les diamants, que se disputent les investisseurs étrangers. Par ailleurs, certains de ces pays comme notamment l’Angola, la Guinée équatoriale et le Gabon sont au top 5 des producteurs africains.
Pas d’Africains francophones donc dans ce top 10 des plus riches personnalités africaines du classement 2010 publié par le magazine Forbes, même pas au top 1000 mondial. Comment expliquer ce résultat? Est-ce parce que dans cette partie de l’Afrique, les grosses fortunes ne sont pas produites par des actifs identifiables et justifiables, comme l’exige le classement Forbes? Les pays de l’Afrique centrale francophone sont-ils incapables de faire émerger une classe d’hommes d’affaires capables de faire fructifier les richesses nationales? En quoi l’Éthiopie de Mohammed Al Amoudi et le Nigéria d’Aliko Dangote (8e au classement africain) auraient-ils de meilleures dispositions à « faire naître » des milliardaires?
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