Donnée pour moribonde à long terme après les chocs financiers de 2008, le secteur de l’automobile a connu des rebonds marqués dès 2010 et marque de nouveaux points. Cette reprise reste encore à la merci de secousse, car les transmutations structurelles ne sont pas encore achevées.
Principale résurrection spectaculaire que celle de l’industrie automobile américaine en premier lieu. Donnée pour morte et enterrée, elle a bénéficié de la sollicitude des pouvoirs publics et surtout de l’aide massive accordée par l’administration Obama, malgré les réticences d’un grand nombre d’analystes financiers et de l’opposition républicaine.
Si la reprise économique des États-Unis a été au centre de cette relance, une réduction drastique de coûts -330 000 emplois délestés en trois ans- et un profond changement de stratégie de production ont été nécessaires à la refonte du secteur. Au bout du compte, un géant comme General Motors (GM) a relevé de nombreux défis pour redevenir le numéro un de l’industrie mondiale de l’automobile.
Les chiffres ne trompent absolument pas à cet effet. Ford et GM ont affiché une hausse de leurs ventes de plus de 10% en 2011, et chez Chrysler, on a annoncé une hausse de 26%. Pour 2012, les prévisions portent les ventes entre 13,5 et 14,5 millions de véhicules aux États-Unis, contre 12,8 millions l’année de dernière.
Dans une conférence téléphonique avec les analystes au début du mois dernier, les constructeurs automobiles se sont montrés résolument optimistes pour 2012. Il y a une anticipation des ventes de 75 à 85 millions de véhicules dans le monde entier, et entre 13,5 et 14 millions aux États-Unis en raison d’un retour à la normale aux États-Unis et en Asie.
Si cette reprise s’explique par un équilibre des gammes de véhicules, la tendance écologique marque un retour avec des automobiles moins énergivores. Plusieurs constructeurs se sont approprié de nouvelles technologies en investissant de manière importante dans la recherche et le développement de nouveaux prototypes, hybrides ou entièrement électriques.
En tête de liste, le japonais Nissan a fait de la voiture électrique son point d’ancrage avec le modèle Leaf qui fait du chemin sur le marché. Son concurrent local Mitsubishi planche encore sur sa i-Miev, un modèle totalement électrique qu’on annonce révolutionnaire. Cette tranche n’est pas non plus ignorée chez les constructeurs européens où Mercedes lancera un modèle « Smart » au mois d’octobre prochain.
Toutefois, de nombreux experts qui étudient la tendance chez les consommateurs ne sont pas très optimistes quant à la percée de ces modèles. En effet, trop d’incertitude plane sur les éléments motorisés de ces voitures et surtout les complications au niveau des batteries et de leur autonomie. Les plus généreux anticipent un taux de pénétration de 2% d’ici 2020 dans le monde, ce qui n’est pas très encourageant.
Il ne faut pas chercher ailleurs les raisons de ce manque d’engouement et la lenteur du développement. Selon une étude de l'Institut allemand d'écologie appliquée, «la condition décisive pour que les voitures électriques soient un succès est le développement des énergies renouvelables», de manière que toute la consommation supplémentaire occasionnée par ces véhicules soit couverte par des sources «vertes». Ce qui n’est pas gagné d’avance.
Les articles suivants pourraient aussi vous intéresser:
- L’Afrique: la difficile quête de la reconnaissance internationale
- Le logiciel libre au Québec : une reconnaissance officielle
- Le téléphone mobile, une solution à la sous-bancarisation en Afrique
- Le manque d’électricité en Afrique : un obstacle à la croissance économique
- La Banque mondiale veut proposer une assurance météo aux paysans africains
- Titre : L’industrie du bois : Les enjeux autour de l’exploitation et de la transformation



























