Trois ans après la grande crise économique qui a failli voir la disparition de General Motors (GM) et Chrysler, deux des trois plus grands constructeurs américains, également connus sous le nom de « Big Three », le ministre américain des Transports Ray LaHood s’est félicité de la « réinvention de l’industrie automobile » de son pays à l’ouverture du salon de l’automobile de Detroit au début de ce mois. « L’industrie américaine est de retour », s’est-il exclamé. Ce qui n’est pas peu dire. En effet, après avoir déclaré faillite en 2009, au plus fort de la crise tout en échappant à la disparition grâce à l’injection de dizaines de milliards de dollars de fonds publics, General Motors (GM) est revenu en force en 2011 avec la reconquête de son titre de numéro un mondial devant l’allemand Volkswagen et le japonais Toyota.Ainsi, le géant américain a vendu pas moins de 9,03 millions de véhicules dans le monde, soit une progression de 7,6% sur un an. Il a particulièrement profité de la reprise du marché nord-américain dans ce secteur avec une hausse de ses ventes de 11,4% à 2,9 millions d’unités et une part de marché de 18,4%. GM a également vu ses ventes augmenter dans les autres régions du monde comme l’Amérique du Sud où il a enregistré une hausse de 3,9% et 7,5% à l’International, grâce notamment à sa marque Chevrolet, la plus importante sur le plan international. Cette dernière a réalisé un record de ventes de 4,75 millions, soit près de la moitié des ventes globales. Ce qui lui a donc permis de reprendre sa place de leader mondial face à Toyota.
Le constructeur japonais avait profité des difficultés de son concurrent américain pour se hisser pour la première fois sur la plus haute marche du podium des grands constructeurs automobiles mondiaux en termes de vente. Malheureusement, il n’en a pas profité longtemps, car le groupe a durement souffert en 2010, des conséquences des rappels à répétition un an auparavant de quelque 12 millions de véhicules dans le monde pour divers soucis techniques, en particulier au niveau des pédales d’accélération qui restaient bloquées et des systèmes de freinage défectueux. Ce qui a considérablement nui à la réputation de cette compagnie reconnue jusqu’alors pour la qualité de ses modèles. Par ailleurs, Toyota dont la production est essentiellement concentrée au Japon, a également été frappée de plein fouet par le séisme et le tsunami qui ont dévasté le pays en mars 2011. La compagnie a ainsi vu sa production perturber pendant plusieurs mois. Sont venues s’ajouter à cela, les répercussions des inondations en Thaïlande en fin d’année. Des inondations qui ont gêné la fabrication et la fourniture d’importantes pièces détachées. Il n’est donc pas étonnant que le constructeur japonais ait été officiellement rétrogradé à la troisième place mondiale derrière Volkswagen. Il a en effet enregistré en 2011, un recul de 6% de ses ventes tombées autour de 7 millions d’unités et 7,9 millions en comptant ses filiales Hino (poids lourds) et Daihatsu (mini-véhicules).
Le géant allemand Volkswagen, passé ainsi à la 2e place mondiale, a écoulé pour sa part 8,156 millions d’unités, soit 14% de plus qu’en 2010. Le groupe aux dix marques (Volkswagen, Audi, Seat, Skoda, Bentley, Bugatti, Lamborghini et les camions VW, Scania et MAN, sans compter Porsche qu’il est en train de racheter) ambitionne de devenir le numéro un d’ici 2018.
Le moins que l’on puisse dire, c’est que la bataille pour atteindre ou garder la première place du podium est particulièrement féroce entre ces trois grands leaders du marché automobile mondial.
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