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Même si le berceau de l’humanité ne figure pas en tête de proue des partenaires commerciaux du Canada, il n’en demeure pas moins que le continent y brasse de plus en plus d’affaires, et ce, à un rythme exponentiel. Gros plan sur ces échanges bilatéraux.
Bien que les échanges commerciaux avec l’Afrique restent marginaux si on les compare à ceux réalisés avec d’autres régions du globe, ils s’accroissent, en revanche, plus rapidement. En effet, si l’on observe des données de l’an 2008, les exportations du pays de la feuille d’érable à destination de l’Afrique ne représentaient même pas 1 % de l’ensemble des exportations canadiennes. Le total des importations provenant du continent africain, lui, un peu plus élevé, se chiffrait à 3 %. Toutefois, si l’on regarde l’évolution des exportations du Canada destinées au continent africain au cours des dix dernières années, le volume de ventes annuel a presque triplé, passant de 1,33 milliards $ en 1999 à 3, 226 milliards $ en 2008. Cela signifie une progression de 141 %, contre 35 % pour l’ensemble de ses exportations avec d’autres pays au cours de la même période.
Quant aux importations du Canada de marchandises africaines, elles ont enregistré une hausse encore plus marquée: en 2008, elles ont totalisé 13,11 milliards $, ce qui se traduit par une croissance de 559 % par rapport à 1999, comparée à 32 % pour le reste des importations avec d’autres pays!
Les produits en demande
Même si les liens commerciaux entre le Canada et l’Afrique continuent de prendre de l’essor, certains pays africains se démarquent du lot. Ainsi, en 2008, environ 30 % des exportations canadiennes à destination de l’Afrique sont allées à l’Afrique du Sud. L’Algérie, le Maroc, le Ghana et l’Angola figuraient aussi en tête de liste des pays les plus friands de biens canadiens. Le blé se place au premier rang, suivi des produits aérospatiaux et dérivés, du pétrole et du gaz, des pois et haricots secs et des machineries pour l’extraction minière et l’exploitation forestière. Inversement, environ 95 % des marchandises africaines qui entrent en sol canadien proviennent de cinq pays: l’Algérie, l’Angola, le Nigéria, l’Afrique du Sud et le Namibie. Le pétrole et le gaz représentent une très grosse part de ces importations s’élevant à 87 % en 2008. Viennent ensuite par ordre d’importance en terme de valeur monétaire les produits chimiques inorganiques de base (bases minérales, sels métalliques, etc.), les noix, fruits et légumes (sauf les agrumes), les produits se rattachant à la sidérurgie (production d’acier, produits ferreux, etc.) et les oranges.
Des services à considérer
Ces statistiques ne tiennent pas compte de la portion des «services» canadiens importés et exportés. C’est un secteur pourtant considérable si l’on se fie aux données de Statistique Canada parues dans un document de la Bibliothèque du Parlement intitulé Le commerce
de services du Canada : Aperçu. En effet, on y indique qu’en 2007, les recettes canadiennes au titre des services s’élevaient à 67,5 milliards $.
Quant aux importations de services («paiements»), elles se chiffraient à 86,9 milliards $. Or, des données sur la balance des services par région du monde de 2002 à 2007 (excédent/déficit en milliards $) révèlent que le Canada n’est exportateur net de services avec un solde appréciable qu’avec l’Afrique. Le Canada a ainsi obtenu en 2006 bon nombre de contrats de services pour réaliser des travaux en Afrique subsaharienne, affirme un rapport du ministère des Affaires étrangères et commerce international Canada. Des sociétés canadiennes y ont mené des projets entre autres de la Banque mondiale et de la Banque africaine de développement, allant de la prestation de services de génie et de construction à la foresterie en passant par la géomatique, les services aériens et les services d’éducation.
À la lumière de ces donnés, si l’on incluait ces «services» dans la balance, la valeur des échanges entre l’Afrique et le Canada surpasserait assurément les maigres 1 % et 3 % obtenus l’année dernière...
Marie-Claude Fafard
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