La sous-évaluation du yuan est un des sujets chauds sur la scène économique internationale. Au cœur du litige : Pékin est accusé par ses partenaires commerciaux de sous-évaluer nettement sa monnaie pour permettre de vendre ses exportations à bas prix, un avantage jugé inéquitable.
Soumise à d’énormes pressions, principalement de la part des États-Unis, la Chine avait laissé sous-entendre en mai dernier qu’elle assouplirait son système de change afin de permettre au yuan de s’apprécier, sans toutefois préciser d’échéancier.
Les États-Unis ont depuis resserré l’étau alors que le secrétaire américain au Trésor, Timothy Geithner, a affirmé lors d’une récente audition au Congrès américain que Washington ne comptait rien céder à la Chine en matière d’échanges commerciaux.
Autre signe d’impatience de la part de l’Oncle Sam; les sénateurs américains ont annoncé vendredi dernier le dépôt d’un projet de loi interdisant au gouvernement américain d’acheter des produits chinois en réaction au fait que Pékin refuse de laisser les sociétés américaines lancer des appels d’offres au gouvernement chinois en n’achetant que des produits « Made in China ». Cette interdiction resterait en vigueur tant que la Chine, membre de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), n’aura pas signé l’Accord sur les marchés publics de l’OMC. Ainsi, Washington pourrait contester les règles de marchés publics en vigueur à Pékin.
Pour apaiser les tensions, la Chine a annoncé samedi dernier sa décision de favoriser une plus grande souplesse dans la fluctuation du yuan et de poursuivre la réforme du mécanisme de taux change de sa devise, une initiative aussitôt saluée par l’administration Obama, le Fonds monétaire international (FMI) et la Commission européenne.
Voilà que le lendemain, la banque centrale chinoise a indiqué que l’ajustement du taux de change du yuan ne se ferait pas en une seule fois, mais, de façon « graduelle », au grand dam des États-Unis,.
En contre-attaque, un sénateur influent, Charles Schumer, a bondi en indiquant dans un communiqué publié le même jour qu’il entendait faire avancer « dès que possible » son projet de loi imposant des sanctions sur les importations chinoises.
Ainsi donc, chacun y va de son petit stratège pour tirer un meilleur avantage. À la veille du Sommet du G20, les États-Unis accentuent la pression sur Pékin et tentent d’aller chercher des alliés afin de faire front commun contre la Chine qui a précisé que le taux de change de sa monnaie ne concernait qu’elle-même et ne devait pas figurer à l’ordre du jour des discussions de Toronto.
De son côté, la Chine essaie de gagner du temps pour bénéficier encore d’un d’excédent commercial à la hausse. Ce dernier a fortement progressé en mai dernier grâce à un bond des exportations chinoises de près de 50 % qui se traduit en argent par un excédent commercial de 19,5 milliards $ US. D’autant plus que le yuan s’est du coup apprécié en conséquence face à l’euro.
Chose certaine, la Chine n’aura d’autre choix que de plier sous la pression internationale. Reste à savoir jusqu’où elle prendra le risque d’étirer l’élastique…
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