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Conférence de Montréal : "L’ère numérique et l’avenir du travail"

Déjà bien enclenchée, l’automatisation du travail n’épargne presque à personne dans le monde et change fondamentalement la nature même du travail, au point que l’on se préoccupe de plus en plus de ses retombées à terme sur le bien-être mondial. L’un des ateliers du mercredi 14 juin de la Conférence de Montréal s’est penché sur cette problématique, également étudiée par l’un des derniers rapports de McKinsey qui a fait le même constat. L’automatisation pourrait transformer à différents degrés quasiment tous les secteurs de l’économie, résume ce rapport qui a analysé près de 2000 tâches associées à plus de 800 professions.

Pour l’un des panélistes de l’atelier intitulé "L’ère numérique et l’avenir du travail", Henry Siu, Professeur associé à la Vancouver School of Economics de l’Université de la Colombie-Britannique, les travailleurs de la classe moyenne occupant des postes « routiniers » comme le travail à la chaîne, seront les grands perdants de cette révolution robotique. « Les emplois qui consistent essentiellement à effectuer des tâches répétitives et à suivre des instructions sont en train de disparaître », a-t-il indiqué.

Naturellement, ce sont les employés d’entreprises manufacturières travaillant sur les chaînes de production qui sont le plus menacés, en plus de nombreux autres postes annexes à l’image des secrétaires ou assistantes administratives. Ainsi, selon le rapport de McKinsey, le secteur manufacturier où les robots peuvent déjà potentiellement exécuter près de 59% des tâches comme celles exécutées sur les chaînes de montage, sera le plus touché en dehors de la restauration et de l’hébergement qui détiennent un potentiel d’automatisation de 73%.

« Cette nouvelle réalité dans le monde du travail va changer la nature des crises et des booms économiques. Les emplois qui vont disparaître lors de la prochaine crise ne seront pas recréés après. Cela va complètement changer les perspectives de reprise économique », a expliqué M. Siu qui a cependant temporisé en affirmant que de nouveaux emplois aux tâches plus complexes seront créés. Des emplois qui « feront appel à des compétences plus humaines et liées à l’intelligence sociale, comme la curiosité, la créativité et la communication » et où les femmes seront très sollicitées car les entreprises estiment qu’elles possèdent naturellement toutes ces compétences.

Les travailleurs qui réussiront à tirer leur épingle du jeu dans ce monde professionnel très robotisé, seront plus éduqués et auront une grande capacité d’adaptation, a-t-il conclu. Un point sur lequel l’a rejoint Sebastián Siseles, directeur, division internationale à Freelancer.com, une plateforme en ligne permettant aux entreprises de trouver des professionnels pigistes en fonction de leurs besoins.

Pour lui, la flexibilité est le nouveau mot d’ordre sur le marché de l’emploi, en particulier depuis l’arrivé de la génération Y (personnes nées entre 1980 et 1996) qui refuse de faire du 9h-18h et de rester dans la même entreprise durant des années voire des décennies. « C’est pourquoi, environ 74% de nos pigistes sont des personnes de la génération Y qui, depuis qu’elles ont rejoint le marché du travail, on trouve les logiciels partout », a souligné M. Siseles. Ce qui va de paire avec la connexion internet qui « a radicalement changé la façon que nous avions de travailler car tout est presque devenu accessible ».

Un autre point sur lequel les deux hommes étaient d’accord est celui du décalage entre les systèmes d’éducation et le marché de l’emploi. Pour M. Siseles, les systèmes d’éducation ne sont pas prêts pour la révolution robotique car « il existe encore un énorme fossé entre ce que l’on apprend à l’école et ce que le marché du travail demande ». En somme, « les universités préparent les étudiants à occuper des emplois du 20e siècle », a-t-il déploré. Résultat des courses : beaucoup de jeunes diplômés et qualifiés ont du mal à trouver un bon travail dans leur domaine d’étude.

Henry Siu a pour sa part proposé de mettre davantage l’accent sur l’analyse et l’application des notions plutôt que sur les procédures, qui seront de toute façon automatisées. « Il faut que les jeunes développent le goût de comprendre les choses, pas de suivre des instructions », a-t-il conclu.



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