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Salaires - Une Afrique face à de nombreux défis

Certains dirigeants d'entreprises africains gagnent des fortunes, au même titre que leurs comparses occidentaux, avec beaucoup de disparité cependant.

Ce n’est plus un secret pour personne que l’industrie des TIC connaît un véritable boom économique depuis quelques années sur le continent africain. Ce dynamisme est notamment dû au développement de la classe moyenne qui devrait passer selon la Banque africaine de développement, de 370 millions de personnes en 2015 à 462 millions en 2060. L'industrie de la téléphonie mobile (et d’internet) est celle qui en profite le plus avec près de 400 millions d’utilisateurs. Elle a en effet, contribué à hauteur de plus de 100 milliards de dollars à l'économie de l'Afrique subsaharienne en 2014, soit 5,7% du PIB. C'est colossal.

Cette croissance sur le sol africain s’est accompagnée de l’émergence d’une génération d'entrepreneurs d’un genre nouveau. Des patrons qui, à l’image de leur homologue de la Silicon Valley en Californie aux États-Unis, ont des salaires à six chiffres. Ainsi, en Tanzanie, Mohammed Dewji, l'homme le plus riche du pays et le plus jeune milliardaire du continent dont la fortune est estimée par le magazine Forbes à 1,25 milliard de dollars, est l'une des figures de proue de cette génération.
Son entreprise, MeTL, qui produit et commercialise des biens de grande consommation (détergents, savons, huiles de cuisine, etc.) est devenue en dix ans le plus gros conglomérat de ce pays de 50 millions d'habitants, selon le magazine Challenges. Son chiffre d'affaires a ainsi été multiplié par 60 et dépasse aujourd'hui 1,5 milliard de dollars.

Malheureusement, ce dynamisme ne se répercute pas sur les salaires des employés et cela malgré la recrudescence de recrutements de jeunes cadres « made in Africa ». L’existence d’un salaire minimum dans la majorité des pays africains demeure encore aujourd’hui, un sujet polémique. Le Maroc est le pays qui, selon une analyse comparative des salaires minimums, propose la rémunération minimale la plus élevée, soit 137 095 FCFA (222 $). La dernière revalorisation du SMIG intervenue le 1er juillet 2014 a permis de faire progresser le salaire minimum de 10%. Il est suivi par la Guinée Équatoriale et l’Algérie qui proposent respectivement des salaires minimums de 128 000 FCFA (207$) et 112 000 FCFA (182$).

Cependant, certains pays font d’énormes efforts pour régulariser la situation afin d’éviter la fuite de cerveaux, véritable fléau sur le continent. Le Sénégal par exemple, a revalorisé les salaires de ses professeurs dans l’enseignement supérieur sous Abdoulaye Wade, au début des années 2000, avec des salaires allant de 1 000 à 2 000 dollars en fonction de l’ancienneté et des grades, sans avoir à faire un autre métier le soir ou le week-end pour payer ses factures. Au Bénin, la paie des personnels de santé a été revue à la hausse en 2008, faisant passer le traitement d’un médecin spécialiste, professeur agrégé de l’université, de moins de 500 dollars à plus de 1 900 dollars.

Culte du secret

Le sujet des salaires des patrons reste très tabou sur l’ensemble du continent. Et pour cause, il existe peu de données dessus. Pour autant, au printemps 2010, dans le cadre d’un dossier spécial, Jeune Afrique a menée une enquête sur le sujet en se concentrant principalement sur trois pays du Maghreb, le Maroc, l’Algérie et la Tunisie. Le journal a ainsi mis en lumière l’opacité qui l’entoure en citant le cas de la Tunisie qui a décidé cette année-là de briser l’omerta. Les salaires des patrons de PME, d’entreprises publiques ou de sociétés cotées à Tunis devaient être rendues publics. Et les dirigeants de la soixantaine de compagnies cotées en Bourse étaient particulièrement mis en première ligne.
Cette initiative des autorités tunisiennes, une première au sud de la Méditerranée, a donc levé le voile sur un sujet sensible au Maghreb. Nous apprenions ainsi qu’Abdelwahab Ben Ayed, le fondateur du groupe Poulina, premier groupe privé du pays a donc perçu 325 900$ en 2008, soit 25 900$ par mois. Ce qui représente 136 fois le salaire minimum tunisien (167$). Plus globalement, selon une enquête du cabinet tunisien Sigma Conseil publiée en février, la rémunération annuelle brute d’un dirigeant en Tunisie se situe entre 14 300 $ et 177 500 $, avec une moyenne de 41 700 $.

Par ailleurs, avec une rémunération de 1,36 million de dollars en 2009, Abdeslam Ahizoune, PDG de Maroc Télécom, est sans doute le patron du secteur privé le mieux payé du Maghreb. « C’est uniquement parce que l’opérateur de télécommunications est une filiale du groupe Vivendi – coté à la Bourse de Paris et soumis à ce titre à des contraintes strictes en matière de gouvernance – que le salaire d’Abdeslam Ahizoune est sur la place publique », précise Jeune Afrique.
« Même pudeur à Alger » où aucune loi n’oblige à publier les salaires dans le secteur privé, ajoute le journal. Sauf en période de crise, comme celle qu’a connue Sonatrach au début de l’année 2010 (impliquée dans une affaire de corruption et de malversations), que le salaire du patron sort de la clandestinité. Ainsi, Mohamed Meziane, PDG Sonatrach, première entreprise du pays, percevait alors un salaire annuel de 66 600 dollars.



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