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Oléoducs – Le Canada à la recherche de solutions

Avec une économie grandement tributaire de sa richesse en ressources naturelles, le Canada et son marché relativement petit de 35 millions d’habitants doit se tourner vers l’étranger pour écouler ses matières et faire croître son économie. Puissance énergétique reconnue, notamment pétrolière, le pays à la feuille d’érable cherche par tous les moyens à exporter son or noir à meilleur coût grâce à une multiplication des oléoducs sur son territoire. Des solutions qui ne plaisent pas à tous !

Il y a presque 12 mois de cela, le brasier monstre qui a ravagé la région de Fort McMurray en Alberta ont fait la manchette partout sur la planète, et pour cause. Des ces sables bitumineux décriés des environnementalistes se trouve la troisième plus importante réserve de pétrole au monde. Alors que la production avoisine les 3 millions de barils par jour, l’industrie projette une augmentation de 40% à l’horizon 2025 et un doublement de la production sur 20 ans. Le défi pour les majors du secteur canadien n’est donc pas de produire, mais plutôt de transporter efficacement tout ce brut vers les marchés extérieurs.

Si le Canada possède déjà d’importants oléoducs qui traversent son territoire, auxquels s’ajoutera le gigantesque pipeline Keystone XL tout juste approuvé par le gouvernement américain, les ambitions sont beaucoup plus grandes. Les différents paliers de gouvernement sont conscients du besoin et tente de jongler habilement avec une question qui se veut autant économique qu’environnementale. Joignant l’action aux paroles, le gouvernement libéral de Justin Trudeau a donné son aval le 30 novembre dernier à deux projets d’oléoducs, la construction du Trans Mountain de l’entreprise Kinder Morgan et le remplacement de la Ligne 3 d’Enbridge. Des projets qui permettront rapidement une hausse importante du transport pétrolier, comme le détaillait le quotidien montréalais Le Devoir en marge de l’annonce faite tout juste avant les Fêtes.

« Ce nouveau pipeline [Trans Mountain, NDLR] reliera l’Alberta à la côte ouest canadienne. Il permettra de faire passer la capacité quotidienne d’un réseau existant de transport de pétrole de 300 000 à 890 000 barils. Le pipeline aboutira dans la région de Vancouver, où plus de 400 pétroliers seront chargés chaque année pour exporter le pétrole albertain vers le marché asiatique. [...] Le gouvernement libéral a toutefois approuvé mardi un autre projet de pipeline transfrontalier, soit le remplacement de la Ligne 3, de l’entreprise Enbridge. Ce pipeline de 1660 km relie Hardisty, en Alberta, à Superior, au Wisconsin, depuis plus de 50 ans. Mais avec le projet de remplacement complet, Enbridge vise le transport de 760 000 barils par jour, soit environ le double de ce que la Ligne 3 actuelle est en mesure de transporter. Les deux pipelines approuvés mardi représentent une capacité quotidienne de transport de pétrole de plus de 1,6 million de barils, dont une hausse nette d'un million de barils par rapport à la capacité actuelle du réseau de pipelines canadiens. »

D’autres projets contestés

Si l’industrie s’est réjouie de ces annonces, elle n’en attend pas moins d’autres tout aussi importantes. Dans le carnet de souhaits des multinationales pétrolières canadiennes se trouvent deux oléoducs jugés de première nécessité : le Northern Gateway, déjà refusé par Ottawa en raison des risques environnementaux et qui aurait permis le transport de centaines de milliers de barils quotidiennement des sables bitumineux vers la côte ouest, l’oléoduc Énergie Est de TransCanada, l’entreprise derrière Keystone XL.

Oleoducs Canada projets 280317

Si les dés semblent déjà joués pour le Northern Gateway, le projet Énergie Est fera pour sa part l’objet d’audiences publiques et d’évaluations environnementales visant à déterminer si le risque en vaut la chandelle. Depuis déjà quelques années, TransCanada s’est lancée dans une vaste entreprise de relations publiques pour vendre à la population son ambitieux projet, notamment au Québec que l’oléoduc doit traverser pour rejoindre les raffineries d’une autre province, le Nouveau-Brunswick, qui verrait selon les estimations le passage de cargos pétroliers augmenter de 300 à 500% si le projet voyait le jour. Des retombées de 6,4 milliards $ pour le PIB québécois, des centaines d’emplois et des recettes fiscales d’environ 2 milliards $ sur près de 50 ans, autant d’argument que la pétrolière met de l’avant pour gagner l’acceptabilité sociale nécessaire à Énergie Est. Cet effort d’argumentation se vérifie aussi dans les communications de l’entreprise, notamment sur le site dédié oleoducenergieest.com.

« En 2015, les importations canadiennes de pétrole ont bondi de 16 pour cent pour atteindre les 736 000 barils par jour. Au prix moyen du baril l’an dernier, ce sont 35 millions de dollars qui quittent notre économie chaque jour. C’est insensé ! Puisqu’il n’y a aucun pipeline d’ouest en est, nous ne sommes pas équipés pour transporter de grandes quantités de pétrole brut de l’Ouest canadien vers les raffineries de l’Est. Énergie Est est un oléoduc qui transportera quotidiennement 1,1 million de barils de pétrole de façon sécuritaire, de l’ouest vers l’est, jusqu’au Québec et au Nouveau-Brunswick. Cela représente près du double de la quantité présentement importée dans ces régions. Cela permettrait également de réduire la dépendance de l’Est du Canada envers les importations de pétrole, plus coûteuses. C’est une option tout à fait sensée ! »

Le débat canadien reste donc centré sur deux questions qui peuvent paraître plutôt opposées, soit le développement de l’industrie pétrolière nationale et l’action contre les changements climatiques. Le journaliste du Devoir Alexandre Shields a justement questionné directement le premier ministre Trudeau sur cette dualité au moment de l’annonce en novembre dernier : l’approbation de deux importants projets de pipelines est-elle compatible avec la lutte contre les changements climatiques ? « Oui, a répondu Justin Trudeau. Cette annonce fait partie de notre plan pour réduire les émissions. Parce que nous savons que l’Alberta a mis une limite absolue sur les émissions de gaz à effet de serre de 100 mégatonnes. Cette décision aujourd’hui est tout à fait comprise à l’intérieur de ces limites-là. »

Restera à voir si pareille affirmation résistera à l’épreuve du temps...



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