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Aéronautique – Un club très sélect dans un lucratif marché

À l’heure où la canadienne Bombardier reçoit différents «coups de main» gouvernementaux pour s’imposer durablement dans l’industrie de l’aviation civile mondiale, une étude du secteur force une implacable constatation : si le marché est fort lucratif, il n’en demeure pas un club extrêmement sélect et difficile à intégrer.

Parler de «club sélect» ne rend même pas compte de la véritable réalité. En fait, c’est un quasi duopole où l’américaine Boeing et la française Airbus trustent 94% du chiffre d’affaires. Malgré tout, Bombardier, au même titre que la brésilienne Embraer, tentent d’y faire leur place et sont généralement reconnues comme les troisième et quatrième joueurs en importance malgré le gouffre qui les séparent des deux leaders historiques.

Un regard aux chiffres d’affaires des acteurs du secteur montre bien l’écrasante domination des deux géants dont les résultats 2014 les mettaient à égalité avec 56 milliards de dollars US, très loin devant Bombardier (9,9 milliards) et Embraer (6,6 milliards). Avec respectivement 1456 et 1432 appareils commandés la même année, Airbus et Boeing ne laissent que des miettes à la concurrence qui, devant ces mastodontes spécialisés en longs courriers, à plutôt opté pour les avions parcourant de plus petites distances (courts et moyens courrier) et les jets d’affaires.

Même si les commandes d’avions ont légèrement baissé l’an dernier, les carnets de commandes accumulées sont « historiquement au plus haut avec 13 400 avions, dont 94 % pour Airbus et Boeing », explique Alain Guillot, directeur général du cabinet AlixPartners, en entrevue avec le journal La Croix.

Alléchantes prévisions

Si le secteur de l’aviation commerciale et civile semble bien se porter, les projections sont encore plus alléchantes. À l’occasion du salon aéronautique de Farnborough tenu en juillet dernier, les deux géants ont fait part de ce que prévoit leur boule de cristal respective et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il y aura une fortune à faire ! Toujours cités dans La Croix, Airbus et Boeing table sur une formidable croissance du marché durant les 20 prochaines années.

« Le duopole a fait part de ses prévisions pour l’avenir. L’Américain évalue à 39 620 la demande d’avions neufs au cours des 20 prochaines années, un marché de 5900 milliards de dollars, selon son étude de marché annuelle publiée pour la première fois lors du salon de Farnborough. Airbus a confirmé ces prévisions dans sa propre étude. L’Européen évalue les besoins des compagnies à 33 000 nouveaux avions pour une valeur de 5200 milliards de dollars. »

Depuis le début des années 1980, la demande de voyages aériens a bondi d’environ 500%, conséquence de la baisse des prix et de l’émergence de classes plus fortunées dans de nombreuses régions du monde comme l’Afrique, l’Asie ou l’Amérique latine. Une réalité que confirmait déjà dès 2015 la française Airbus dans un communiqué publié en marge du salon du Bourget.

« D'ici 2034, la flotte mondiale d'avions de ligne et de cargos devrait doubler pour passer de 19 000 à 38 500 avions. Le rythme de croissance d'économies émergentes comme la Chine, l'Inde, le Proche-Orient, l'Afrique et l'Amérique latine sera supérieure à la moyenne mondiale. La région Asie-Pacifique va tirer le trafic mondial d'ici 2034 et la Chine sera le premier marché aéronautique d'ici 10 ans », précisait dans ce même communiqué John Leahy, le directeur commercial d'Airbus.

L’ampleur de cette croissance de la demande est justement ce qui permet aux plus petits joueurs d’espérer une place au soleil. Car en dépit de capacités de production gigantesques, l’attente peut s’avérer longue pour une compagnie aérienne avant de réceptionner ses premiers avions commandés. Une contrainte que n’ont pas Bombardier ou Embraer, comme l’expliquait au site CCI-International Brice Robin, chef de projet aéronautique et spatial chez UBIFRANCE.

« Plutôt que d’attendre 8 ans pour disposer de nouveaux avions, les compagnies risquent de se tourner vers les constructeurs capables de les livrer plus rapidement. Ce danger pousse les avionneurs historiques à améliorer encore leur capacité de production. Objectif par exemple pour Airbus : produire 46 avions par mois – voire 50 – en 2016, contre 42 aujourd’hui. Un challenge de taille auquel les sous-traitants et équipementiers vont devoir s’adapter, en optimisant eux aussi leurs procédures. Pas question pour un constructeur d’être à la merci de son maillon le plus faible ! »

Des opportunités en quantités, mais un marché très difficile d’accès; voilà la situation qui incombe à Bombardier et aux autres joueurs dits intermédiaires dans le secteur de l’aviation commerciale. Un sujet qui occupera la rédaction d’Afrique Expansion tout au long de la semaine avec un regard des deux côtés de l’Atlantique dans les pages web de votre pont économique entre l’Amérique et le continent africain.



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