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Pétrole – Comprendre le poids de la production africaine

La remontée anticipée des prix du pétrole concerne également de très près un certain nombre de pays africains.

Sur ceux qui en dépendent, si on peut facilement en citer une dizaine qui espère très fortement une tendance à la hausse durable, c’est que plusieurs des plans de croissance intérieure sont intimement liés aux recettes pétrolières. La chute des prix du pétrole a hypothéqué de nombreux projets et toute hausse significative prochaine permettra certainement de relancer ces économies, mais avec un recadrage budgétaire nécessaire.

Sur le plan international, l’Afrique ne pèse qu’autour de 9% de la production mondiale de pétrole. Mais le continent est un enjeu de plus en plus important puisque plusieurs puissances, dont les nations émergentes comme la Chine et l’Inde s’y approvisionnent de plus en plus. Cet intérêt accru a fait du volet pétrolier un levier, voire une locomotive pour les économies de géants comme le Nigéria, l’Angola ou encore l’Algérie. Si des pays à production moins importante n’échappent pas non plus à ce que certains appellent la « malédiction » de l’or noir, c’est que la manne des hydrocarbures a aveuglé au point de délaisser en grande partie les autres secteurs productifs. Le paradoxe est que plusieurs pays africains se sont lancés dans des plans de diversifications en comptant sur l’argent... du pétrole. Les grands projets d’infrastructures et d’industrialisation ainsi que et les engagements lourds dans les services sociaux en dépendent aussi.

La Guinée équatoriale tire 85% de son PIB du pétrole, le Congo, près de 50% et le Gabon un peu moins de 45%. En Angola, désormais premier producteur devant le Nigeria, la rente pétrolière rassemble 50% du Produit intérieur brut (PIB) et le boom économique observé durant la dernière décennie a laissé place à plus d’anémie dans les investissements lourds. En un mot, l’Afrique exportatrice de pétrole brut a vu le portrait de sa croissance se figer et a même due se tourner vers les institutions de Bretton Woods (Banque mondiale -BM- et Fonds monétaire international -FMI-) pour couvrir les déficits budgétaires. Une opération qui aura pour conséquence, un alourdissement de la dette. Appelée de plusieurs vœux, une hausse des prix du brut fait de nouveau souffler un vent d’espérance sur le continent, du Caire au cap de Bonne-Espérance.

À qui profite la remontée des prix en Afrique ?

Même si, réellement, le développement et les objectifs d’émergence de plusieurs pays ne sont pas menacés, un retour moyen des recettes serait un apport appréciable pour les gouvernements. Portrait de trois géants à partir des chiffres de la Banque africaine de développement (BAD) :

Angola : Grâce à l’abondance de ses ressources naturelles, le pays a pu attirer des flux d’investissement direct étranger et dégager une croissance solide au cours de la décennie passée. Mais, avec la chute des cours du pétrole brut, son économie a récemment subi un choc structurel de grande ampleur. Selon les projections, la croissance du produit intérieur brut (PIB) de l’Angola devrait rester modeste, à 3.3 % en 2016 et 3.5 % en 2017, alors qu’elle s’établissait à 3.8 % en 2015. Dans le secteur pétrolier, la croissance ressortira en moyenne à 4.0 %, tandis que, pour le reste de l’économie, on table sur une légère amélioration (3.4 %), principalement à la faveur du rebond de l’agriculture.

En janvier dernier, le gouvernement a adopté une stratégie visant à atténuer les effets de la crise du pétrole en trouvant des sources de recettes qui pourraient s’y substituer. Il escompte que l’agriculture jouera un rôle important dans le redémarrage des exportations du pays et qu’elle dégagera des recettes en devises. Cette stratégie prévoit également d’investir dans l’infrastructure, de réduire progressivement les importations, d’approfondir les réformes du secteur financier, de développer les compétences et d’améliorer l’environnement d’affaires.

Nigeria : L’économie de ce géant pâtit des chocs externes, en particulier de la baisse du cours mondial du pétrole brut. La croissance a nettement ralenti, refluant de 6.2 % en 2014 à 3.0 % (estimation) en 2015, tandis que l’inflation est passée de 7.8 % à 9.0 % (estimation).

Cette tendance est principalement due à l’essoufflement de l’activité économique, en raison du manque de recettes en devises, et elle est aggravée par les restrictions ciblées qui pèsent sur 41 produits importés, dont certains sont des facteurs de production pour l’industrie manufacturière et l’agroalimentaire. Il en résulte des baisses de production et des réductions d’effectifs dans certains secteurs. Cependant, étant donné les inquiétudes de plus en plus grandes que suscite le recul de la croissance, la Banque centrale a abaissé le coût de l’emprunt, pour le secteur public et pour le secteur privé, afin de stimuler l’économie.

Algérie : La croissance réelle du produit intérieur brut (PIB) s’est établie à 3.9 % en 2015 contre 3.8 % en 2014, tirée principalement par l’agriculture, en particulier la production végétale et un rebond dans le secteur des hydrocarbures. Ce dernier, particulièrement marqué au quatrième trimestre 2015, intervient après neuf années consécutives de tendance baissière, dans un contexte de déclin des cours mondiaux du baril de pétrole depuis juin 2014. Cette situation conjoncturelle devrait être une opportunité d’accélérer les réformes visant la diversification et la transformation structurelle de l’économie. La croissance du PIB réel devrait être de 3.4 % puis de 3 % en 2016 et 2017 respectivement.

Les comptes de l’État sont affectés par l’érosion des ressources du Fonds de régulation des recettes (FRR), consécutive à la baisse notable de la fiscalité pétrolière, passée de 20 % à 13 % du PIB entre 2014 et 2015. Avec des recettes totales en baisse (27 % du PIB en 2015 contre 33 % en 2014) et des dépenses budgétaires toujours élevées (43 % du PIB en 2015 et 2014), le déficit global s’est creusé, passant à 16 % du PIB en 2015 contre 8.3 % en 2014.

Le portrait de ce trio reflète fidèlement ce qui est attendu globalement chez les pays africains en pleine mutation économique. Si ailleurs sur la planète de nombreux pays « pétroliers » ont mis en place des dispositifs de stabilisation à travers divers fonds, en Afrique, on en est encore à des balbutiements en la matière. Afin de maintenir les poussées budgétaires en période de chute de revenus pétroliers, il est urgent de penser à ce mode de gestion. C’est dire que les lignes devront bouger, fondamentalement, dans les choix politiques au-delà de la rigueur financière stricto sensu.



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