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Pétrole – Des « voies ensoleillées » pour l’industrie canadienne

Tout juste élu, le premier ministre Justin Trudeau évoquait les « voies ensoleillées » à venir, des « sunny ways » qui semblent se matérialiser pour l’industrie pétrolière canadienne qui vient de voir le jeune dirigeant du pays autoriser la construction de deux nouveaux oléoducs.

Perçu comme un apôtre de la cause environnementale depuis son élection il y a un an, Justin Trudeau vient de prendre une orientation qui mettra à rude épreuve cette image verte. Pour satisfaire la province de l’Alberta et son importante industrie pétrolière, le gouvernement a donné son aval à deux projets majeurs de pipelines qui serviront à l’exportation de la production croissante des sables bitumineux albertains.

Mais Trudeau avait-il vraiment le choix ?

Moteur économique du pays, l’industrie pétrolière albertaine se dirigeait vers un mur, la capacité de transport de son or noir étant pratiquement atteinte. Avec l’ajout de ces deux pipelines et du million additionnel de barils pouvant être transportés chaque jour, Trudeau à choisi l’économie, la croissance et les emplois. Au détriment de l’environnement diront certains. Mais comme il l’a lui-même dit clairement, aucun gouvernement n’accepterait de dormir sur pareille ressource, réitérant que ces projets étaient « dans l’intérêt des Canadiens » et permettraient le financement de « priorités » comme « les hôpitaux, les routes et les initiatives relatives à l’énergie propre », rapportait le quotidien Le Devoir en date du 30 novembre dernier.

Avec cette annonce, la capacité de transport par pipeline au Canada augmentera d’environ 30%, un élément rassurant pour l’industrie qui hésitait à financer l’augmentation de sa production par crainte de ne pouvoir écouler tout ce brut sur les marchés. Et comme l’explique l’analyste économique de Radio-Canada Gérald Fillion sur son blogue, c’est là tout un coup de pouce que Trudeau offre à une industrie souvent décriée pour son piètre bilan environnemental.

« Il faut bien comprendre que la décision de Justin Trudeau est une grande avancée pour l’industrie pétrolière canadienne avec l’ajout de plus de 30 % de capacité de transport par pipelines. À terme, cette décision pourrait faire grimper le prix du baril de pétrole au Canada, dont la valeur est amoindrie par les faibles capacités d’exportations du pays. Des milliers de kilomètres de plus en pipelines permettront aussi à l’industrie d’éviter une hausse des coûts de transport qui aurait été engendrée par une utilisation plus grande du transport ferroviaire. Il ne faut pas se leurrer, avec ou sans pipeline, le transport du pétrole par trains est appelé à augmenter. Mais les oléoducs devraient permettre de ralentir cette croissance. »

En attendant Trump...

Bien que le prix du baril ait fondu de moitié depuis 2014, l’industrie pétrolière canadienne demeure un important poumon économique national. Avec une production d’environ 4 millions de barils par jour et une consommation canadienne de 2,5 millions de barils, le pays à la feuille d’érable est un exportateur net de pétrole. Un statut qu’il souhaite conserver et qui commande une capacité grandissante d’exportation.

Alors que l’industrie canadienne traversait des heures sombres l’été dernier suite au terrible brasier qui a ravagé l’Alberta pendant des semaines, les chiffres démontrent que la production pétrolière nationale se porte plutôt bien et ce, depuis des décennies. Des « voies ensoleillées » qui pourraient bientôt recevoir une autre inondation de soleil, un soleil qui carbure au bitume !

Car si ces deux oléoducs prévus dans l’ouest canadien ont provoqué de vives réactions au pays depuis deux semaines, ce ne sont pas les seuls projets dans les plans. Énergie Est, un pipeline de l’entreprise TransCanada doté d’une capacité de 1,1 million de baril par jour, ainsi que Keystone XL vers les États-Unis, un projet refusé par Barack Obama mais que le président élu Donald Trump a juré de concrétiser, attendent patiemment le moment d’être mis en chantier. Un revirement aussi spectaculaire qu’inespéré pour l’industrie canadienne qui se faisait un sang d’encre à chercher comment écouler toute sa production. Et comme le détaille encore Gérald Fillion, on vient ici d’ouvrir grande la valve à pétrole, peu importe le prix du baril !

« En approuvant de nouveaux projets de pipelines, l’industrie verra un avantage réel à augmenter sa production, en la faisant passer de 3,9 millions de barils par jour à plus de 5 millions, puis à plus de 6 millions de barils par jour en 2040. Avec l’approbation possible de Keystone XL par la future administration Trump vers le sud des États-Unis et avec le projet Énergie Est de TransCanada, qui pourrait peut-être se réaliser un jour, de beaux jours s’annoncent pour l’industrie pétrolière canadienne. Après une croissance de 160 % en 35 ans, l’industrie pétrolière pourrait augmenter encore sa production de 55 % au cours des 25 prochaines années, selon les estimations. »

Malgré les grincements de dents et protestations, la conjoncture semble bonne pour l’industrie pétrolière canadienne qui doit aujourd’hui pousser un grand soupir de soulagement. Le Canada n’étant aucunement concerné par l’accord survenu entre États membres et non-membres de l’OPEP pour une réduction de la production, le contexte pourrait même devenir extrêmement favorable pour les grands joueurs de l’industrie. Mais quel effet cela aura-t-il sur l’image auréolée du Trudeau le vert et juste partout sur la planète ? De toutes évidences, le jeune premier ministre a compris que ce sont les Canadiens qui votent et non la presse internationale.

Mais avouez qu’une économie prospère et en santé est un formidable outil de vente devant l’électorat. « Sunny ways my friends, sunny ways » disait-il avec justesse il y a à peine un an...



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