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Pétrole – Comprendre la nouvelle réalité mondiale

Après des mois de chute des prix du pétrole sur fond de surproduction mondiale, les 14 membres du cartel de l’or noir, l’OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole), sont parvenus in extremis à un accord « historique » fin novembre afin de réduire leur production, ultime tentative d’influer à la hausse sur les cours. Mais leur improbable entente aura-t-elle l’effet escompté ? Rien n’est moins sûr.

Au sein d’un regroupement où règnent plus souvent qu’autrement tensions, rivalité et zizanie, pareil accord, le premier depuis 2008, est justement qualifié « d’historique » par nombre d’observateurs plutôt pessimistes qui doutaient de la volonté réelle (et de la sincérité!) des États membres. L’entente, qui entrera en vigueur le 1er janvier 2017, prévoit que l’OPEP réduise sa production de « 1,2 million de barils par jour, pour porter son plafond à 32,5 millions de barils par jour ».

Si on doutait grandement de la conclusion d’un tel accord, c’est que les tensions étaient vives entre les principaux producteurs de l’organisation que sont l’Arabie saoudite, l’Irak et l’Iran, Ryad souhaitant voir les deux derniers limiter eux aussi leur production pour influer sur les prix. Mais c’est finalement Téhéran qui a eu gain de cause, obtenant la permission d’augmenter sa production de 90 000 barils par jour afin de profiter pleinement de la levée de nombreuses sanctions économiques à son endroit.

Si l’ogre saoudien a finalement mis de l’eau dans son vin, c’est qu’il n’avait plus le choix. Après avoir longtemps opéré avec une stratégie de prix réduits visant à faire plier ses concurrents, notamment américains, la riche pétromonarchie voyait ses finances publiques de plus en plus mises à mal. Concrètement, le gros de l’effort de l’OPEP viendra de l'Arabie saoudite (-486 000 b/j), de l'Irak (-210 000), des Émirats arabes unis (-139 000) et du Koweït (-131 000), les principaux producteurs sauf l’Iran, détaille un document diffusé par l'organisation en marge de leur rencontre.

Si la réaction sur les marchés fut immédiate, le baril gagnant 10% de sa valeur pour retrouver le seuil des 50 dollars, personne ne pense que cela sera suffisant pour le pousser vers les sommets atteints en 2014 (120 dollars). Ce bond tiendrait même davantage de l’effet surprise qu’a eu l’accord selon Christopher Dembik, économiste chez Saxo Banque cité dans les pages web du Huffington Post. « C’est une réaction épidermique. La plupart des membres de l'Opep pompe à un niveau maximal, il n'y a pas de changement de dynamique mondiale. Cet accord, de mon point de vue, ce sont beaucoup de paroles. Il est conditionné à la réaction des pays hors Opep. »

« L'Opep n'est plus ce qu'elle était. Les membres du cartel ne représentent aujourd'hui que près d'un tiers de la production mondiale, et même en ajoutant la Russie, elle est inférieure à la moitié », ajoute Tom Holland, de Gavekal Research, également interrogé par le Huff Post.

La Russie et les autres...

L’ennui pour l’Arabie saoudite et ses acolytes, c’est que la production pétrolière hors OPEP est plus grande que jamais. Et s’il y a véritablement quelque chose d’historique dans l’accord intervenu, c’est l’inclusion et l’ouverture d’un dialogue avec les pays producteurs non membres du regroupement à qui on demandait une réduction de l’ordre de 600 000 barils par jour.

La Russie, longtemps 2e producteur mondial à 11,2 millions b/j, assumera le gros de l’effort avec une limitation de 300 000 barils quotidiens. La balance de la réduction viendra du Mexique, du Kazakhstan, de la Malaisie, d’Oman, de l'Azerbaïdjan, du Bahreïn, de la Guinée équatoriale, du Soudan du Sud, du Soudan et de Brunei, pour un total de 558 000 barils, soit légèrement moins que l’objectif souhaité par l’OPEP.

Reste que cela ne concerne pas d’autres poids lourds du domaine comme le Canada ou les États-Unis qui ont vu leur production grandement augmenter en 10 ans. Le Canada est passé de 3 à 4,2 millions de b/j avec d’autres ambitions futures. Quant aux Américains, la production de pétrole de schiste leur a permis de ravir le premier rang mondial au Saoudiens en dépassant les 13 millions de barils quotidiens (6,9 en 2005). Une hausse des prix ne fera qu’accentuer le désir de ces deux pays du G7 de produire encore davantage.

Dans pareil contexte international, on réalise vite les limites des membres de l’OPEP à influer sur les prix du brut, le quasi monopole qu’ils détenaient dans les années 1970 n’étant plus d’actualité aujourd’hui. C’est maintenant chacun pour soi dans une guerre féroce entre Américains et Saoudiens et ce sont ces derniers qui ont baissé les yeux en premiers. Si jouer sur la production peut avoir certains effets sur les cours, les faire durablement remonter quand la demande stagne est un exercice autrement plus complexe. Et c’est là le véritable problème des pays producteurs, membres de l’OPEP ou non.

En marge de cet important accord conclu, l’équipe d’Afrique Expansion sur penchera donc sur la production pétrolière mondiale pour tenter d’esquisser ce qui se profil à l’horizon tant au pays de la feuille d’érable que sur le continent africain. Nous observerons dans un premier temps les perspectives canadiennes qui, notamment avec l’arrivée prochaine de Donald Trump à la Maison Blanche, semblent beaucoup plus roses que l’été dernier quand Fort McMurray était ravagé par une bête de feu.

Côté Afrique, nos journalistes dresseront un portrait des implications sur le continent d’une telle réduction de la production d’or noir qui fera assurément son lot de gagnants, mais aussi de perdants. Nous tenterons ensuite de voir si une remontée des cours pourrait favoriser l’émergence de nouveaux producteurs en Afrique, des pays qui n’attendent que le bon prix pour se lancer. C’est donc un dossier à lire tout au long de la semaine dans les pages web d’Afrique Expansion, votre pont économique entre l’Amérique et le continent africain.



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