Des centaines de milliers de vie ont été sauvées grâce à de nouvelles applications médicales et à la mise sur pied de traitements révolutionnaires. Les progrès des technologies médicales ont également permis de relever l’espérance de vie, même dans les pays dotés d’une infrastructure sanitaire sommaire. Mais quid de la gestion des services de santé ? L’information et la communication sont aussi au centre d’une action médicale efficace.
Dans le secteur de la santé, la présence des TIC appellent plusieurs enjeux. Relationnel avec de nouveaux rapports patient/médecin grâce à l’internet; scientifique et médical avec la médecine collaborative et la télémédecine; démographique avec les téléconsultations et les personnes âgées; budgétaire et informationnel avec l’atout des systèmes informatisés des données médicales. Chacun de ces enjeux interpelle les pouvoirs publics dans leur volonté de passer à la vitesse supérieure en matière de soins. Sauf que les moyens pour assurer cette mutation sont extrêmement coûteux et imposent pratiquement des partenariats avec le secteur privé. Dans une de ses études sur les perspectives des technologies de l’information, l’OCDE établit entre autres que les téléservices peuvent contribuer à la simplification, à la différenciation et la transformation de l’offre de soins. La création de réseaux de prestation nouveaux et plus complexes ainsi que la restructuration plus rapide et dynamique des canaux de distribution permettent le transfert des soins vers des lieux plus rentables et le dégroupage des services au sein de la collectivité. La personnalisation des services et le regroupage de produits et de services sont rendus possibles par la capacité d’établir aisément des connexions électroniques et de faciliter la fourniture de biens, de connaissances et de services pour répondre aux besoins spécifiques en matière de santé d’une personne ou d’un groupe.
La demande de services à valeur ajoutée, non liée à des produits, crée des possibilités de différenciation dans des domaines comme les guides de pratique médicale, la gestion des maladies, l’aide à la décision et les communautés de soutien en ligne. En conclusion, l’OCDE donne comme première recommandation «d’investir dans des systèmes informatisés de données médicales» pour réduire les dépenses de santé et améliorer la qualité des soins. Lorsqu’ils sont bien conçus, ces systèmes amènent une information médicale mieux structurée et archivée.
Adossées au progrès tous azimuts, les nations industrialisées ont mis en place il y a plus d’une vingtaine d’années, des réseaux socio-techniques et organisationnels du secteur de la santé grâce aux TIC. Ce qui a provoqué un changement structurel dans la façon de prendre en charge les maladies et les patients. Le Canada a été l’un des premiers pays à adopter des solutions novatrices et fiables faisant appel à la technologie, qu’il s’agisse de systèmes de prestation de soins de santé, d’intégration de cabinets médicaux, de soins de longue et de courte durée faisant appel à la télémédecine ou de soins à domicile et communautaires efficaces. Les technologies canadiennes de cybersanté, parmi les meilleures du monde, fournissent les outils et les techniques nécessaires pour offrir des soins de santé du plus haut niveau. En améliorant les soins aux patients et en aidant à maintenir les coûts à un bas niveau, les innovations permettent au pays de respecter son engagement d’assurer l’universalité des soins de santé à ses citoyens. Cet exemple démontre à quel point l’importance de l’intégration de ces données peut assurer un mieux-être progressif.
Autre importance significative pour ce secteur, l’économie. Au Québec, l’Association de l’industrie des technologies de la santé en fait une promotion économique et sociale. Ce sont plus de 600 entreprises représentant la plus grande concentration au Canada et disposant d’un bassin de près de 15 000 emplois. Ces entreprises offrent des solutions informatiques en santé, en recherche et développement et en accompagnement divers dans la gestion des services de santé.
En Afrique, les besoins différents appellent cependant des réponses adaptées car on sait que les principaux défis sur le continent concernent à la fois les maladies infectieuses – au premier chef le VIH/SIDA- et les maladies chroniques. Les initiatives se multiplient et comme le mentionnent plusieurs études, le secteur de la santé africaine est marqué par la volonté de révolutionner les structures médicales classiques par l’utilisation des TIC. L’objectif étant de palier le manque de communications locales et internationales par la création et le développement des réseaux informatiques adaptés à l’infrastructure de base locale, capables de diffuser au tarif abordable l’information médicale relativement récente; l’établissement de la communication au sein et entre les structures de santé éloignées; le rapprochement entre praticiens africains et centres de la recherche médicale; enfin, une assistance rapide aux structures qui en ont besoin en cas d’apparition d’une maladie infectieuse ou en cas de traitement compliqué.
Des initiatives louables sont en cours depuis quelques années dans plusieurs pays africains mais le tout reste essentiellement lié au développement même des réseaux de connectivité. Ce qui signifie par exemple que sans des services de télécommunication fiables, la télémédecine sera encore à la traîne et sans un accès égal à l’internet, les citoyens pourront difficilement prétendre à intégrer les multiples tentatives de décentraliser l’information médicale et sanitaire. Seuls des mécanismes de coopération, comme à plusieurs autres niveaux du développement des pays africains, pourront permettre d’assurer la maîtrise des TIC, désormais cruciales dans le traitement et la diffusion de données.
Mais la bonne volonté ne peut pas toujours suffire. Il faudra un réel engagement des gouvernements africains et surtout une bonne formation des intervenants du domaine de la santé pour véritablement voir aboutir la révolution en marche. Ici encore, le Canada peut être un excellent partenaire de développement compte tenu des références en la matière.
EXERGUES
«L’OCDE donne comme première recommandation «d’investir dans des
systèmes informatisés de données médicales» pour réduire les dépenses de santé et améliorer la qualité des soins. Lorsqu’ils sont bien conçus, ces systems amènent une information médicale mieux structurée et archivée.»
Léopold Nséké


























