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USA: débat passionné entre économistes sur la fiscalité des riches

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Les économistes américains débattent passionnément sur l'opportunité de renouveler ou non des réductions d'impôt accordées aux plus riches en 2001 et 2003 par le président George W. Bush, qui tourmentent un pays où fleurit le militantisme anti-impôt.

Le président Barack Obama a beau avoir la majorité au Congrès, et il a beau avoir été clair sur son désir de mettre fin à ces niches fiscales pour les 1% ou 2% des Américains les plus riches, il n'est pas sûr qu'il y parvienne.

Une bonne fraction de l'opposition lutte farouchement contre l'idée. On trouve en pointe le mouvement du "Tea Party", dont l'impôt est la bête noire, et qui devait manifester samedi à Washington.

Ces exemptions fiscales expireront à la fin de l'année. Sauf si le Congrès, partiellement renouvelé par des législatives en novembre, en décide autrement.

Le débat, qui agite le monde politique et la presse depuis des mois, n'est pas près de s'éteindre.

"Il y a une vraie chance que les républicains obtiennent ce qu'ils veulent. C'est une démonstration, si besoin est, que notre culture politique est devenue non seulement dysfonctionnelle mais également profondément corrompue", a tempêté vendredi le prix Nobel d'économie Paul Krugman sur son blog du site du New York Times.

Pour lui, ces réductions d'impôt sont un gâchis éhonté d'argent public. "Il est difficile d'imaginer une manière moins efficace d'aider l'économie que de donner de l'argent à des gens qui en ont déjà beaucoup, et qui n'ont aucune chance de dépenser cette manne", argumentait cet économiste classé à gauche.

En ces temps de déficit budgétaire record, une majorité d'Américains semble approuver M. Obama. Selon un sondage d'Opinion Research Corporation publié par CNN vendredi, ils sont 51% à vouloir comme lui la suppression des "réductions fiscales Bush" pour les plus riches.

Mais 31% préféreraient les maintenir pour tous. C'est beaucoup plus que la minorité (18%) qui souhaiterait qu'il y soit entièrement mis fin, y compris pour la classe moyenne (moins de 250.000 dollars de revenus par an pour un couple).

La défense de cette niche fiscale se fait autour de deux thèmes: les Américains riches consomment beaucoup, et ils financent des PME.

"Tout en parlant d'emploi, d'emploi et encore d'emploi, les dirigeants de Washington semblent singulièrement résolus à entraver la création de postes. L'augmentation d'impôts signée Obama qui découlera de l'expiration d'une réduction qui a longtemps tenu n'est qu'un exemple parmi de nombreux autres", a souligné jeudi J.D. Foster, du cercle de réflexion conservateur Heritage Foundation.

Certains économistes de Wall Street parient que c'est ce point de vue qui prévaudra, si l'économie continue à décélérer comme elle le fait depuis juin.

Vendredi, le président de la banque centrale, Ben Bernanke, a mis un peu la pression sur le Congrès et l'administration Obama, en disant que 'les banquiers centraux ne peuvent pas à eux seuls résoudre les problèmes économiques du monde'", a estimé Zach Pandl, de la maison de courtage Nomura Securities.

"Cela augmente la probabilité que les réductions d'impôt de Bush soient entièrement prolongées, ce qui est déjà pris en compte dans nos prévisions économiques centrales", a-t-il ajouté.

Selon le centre de recherche Tax Policy Center, de la Brookings Institution, la proposition de M. Obama rapporterait 680 millions de dollars de recettes en dix ans. "Malheureusement, pas du tout assez pour combler le déficit budgétaire cumulé", selon l'auteur de cette estimation, Adam Looney.



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