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USA: il faudra plus à l'économie que des taux d'intérêt bas

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Des taux d'intérêt au plus bas aux Etats-Unis, que ce soit pour l'Etat, les entreprises ou les ménages, ne suffisent pas à relancer une activité économique qui s'essoufle, offrant un casse-tête insoluble aux responsables de la politique monétaire.

Si la banque centrale américaine (Fed) n'avait pour mission que de permettre "des taux d'intérêt à long terme modérés", sa réussite aujourd'hui serait éclatante. Mais ses statuts prévoient aussi qu'elle aide à atteindre "le niveau maximal d'emploi", et les Etats-Unis en sont loin.

"La Fed peut inonder l'économie avec toutes les liquidités qu'elle veut mais s'il y a refus à la fois d'emprunter et de prêter, alors il n'y a pas grand-chose que puissent faire les autorités monétaires", a constaté mardi Joel Naroff, de Naroff Economic Advisors.

Ce "refus" est particulièrement prononcé chez les ménages. En témoigne la cohabitation de taux d'intérêt pour les emprunts immobiliers au plus bas depuis au moins quarante ans, et de ventes dans l'ancien les plus faibles depuis quinze ans.

Les Américains ne veulent pas s'endetter pour se loger, et ne veulent pas non plus le faire pour consommer. L'encours de leurs crédits à la consommation, qui a reculé chacun des cinq derniers mois, s'est contracté de 16% depuis le début de la récession fin 2007.

"La dette des ménages est en baisse, les consommateurs ayant une envie et une capacité limitées à emprunter, ce qui tarit une source de liquide qui était très importante avant la récession", a expliqué mardi Scott Hoyt, de Moody's Economy.com, en commentant des chiffres hebdomadaires de ventes de grands magasins décevants.

Peu importe l'attrait des taux d'intérêt, ces consommateurs veulent plus de certitudes sur leur emploi... quand ils en ont un.

L'équation devient insoluble quand les chefs d'entreprise expliquent qu'ils n'embauchent pas justement parce qu'ils ont face à eux des consommateurs frileux.

"Ils mettent leur extrême prudence sur le compte de consommateurs américains qui sont voués selon eux à les décevoir pendant de longues années", a rapporté le Washington Post dans une enquête samedi.

Ces mêmes entreprises empruntent pourtant elles aussi à des taux d'intérêt très avantageux. Sur le marché obligataire, elles bénéficient des meilleures conditions depuis 2006. Mais elles manquent d'ambition dans l'usage des fonds levés, d'après les analystes.

"L'orientation vers des fusions-acquisitions nous amène à penser que les entreprises recherchent la croissance à travers l'absorption de concurrents", a relevé mardi Chris Snyder, de l'agence de notation Moody's.

Et "si on regarde en détail leurs investissements, on remarque que l'accent est mis sur le renouvellement des équipements au détriment des achats d'équipements nouveaux", a-t-il ajouté. Plutôt que de se lancer à la conquête de nouveaux marchés, elles préfèrent comprimer les coûts de production.

Le grand gagnant des taux bas est enfin l'Etat fédéral. Mardi, il a émis des titres de dette à deux ans pour lesquels les investisseurs ont payé un prix record (un rendement maximal de 0,498%, pour un taux d'intérêt de 0,375%).

Mais avec un déficit budgétaire qui tutoie encore les sommets de 2009, et un Congrès qui fourbit ses armes en vue des élections législatives de novembre, il est vain d'attendre un nouveau plan de relance.



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