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UBS: Berne s'apprête à clore l'affaire des clients fraudeurs aux Etats-Unis

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La Suisse s'apprête jeudi à clore un de ses plus épineux dossiers l'ayant forcé à écorner son sacro-saint secret bancaire, le scandale de la banque UBS aux États-Unis à qui Berne doit livrer avant le 26 août les noms de quelque 4.450 clients américains soupçonnés d'évasion fiscale.

Berne devrait redorer son blason en respectant un contrat signé le 19 août 2009 avec Washington. Mais il n'en va pas de même pour UBS qui, après son comportement "criminel" aux Etats-Unis, aura encore du mal, selon les experts, à rétablir son image.

Alors que les autorités helvétiques se veulent discrètes, les journaux suisses assurent que la Confédération aura livré jeudi à Washington quelque 4.200 noms de clients américains sur les 4.450 prévus par l'accord signé il y a un an entre les deux capitales.

Quelque 200 ont pu être "sauvés" car, pour eux, aucune velléité de fraude n'a été trouvée, expliquait lundi le journal 24 heures.

La semaine dernière, Le Temps racontait que "fin juillet, 2.500 dossiers comprenant des relevés de compte ou des emails avaient été copiés sur des clés USB" et déjà envoyés sous scellés à Washington.

Le ministère suisse des Finances a confirmé à l'AFP les informations du Temps, se gardant toutefois de commenter une affaire décrite par le journal comme "la plus grande dénonciation en masse de clients d'une banque suisse à une autorité fiscale étrangère".

Pour Berne, le bout du tunnel semble donc proche après des mois de scandales provoqués par les agissements de la première banque de la Confédération aux Etats-Unis où elle est accusée d'avoir massivement démarché des clients pour les aider à frauder leur fisc (IRS).

L'affaire n'a pas été simple à régler. D'abord aux Etats-Unis où l'IRS, après avoir obtenu les noms de quelque 300 clients de la banque en février 2009, s'est mis à en réclamer 52.000.

Puis en Suisse où l'accord d'août 2009 qui a ouvert une brèche dans le secret bancaire a provoqué stupéfaction et colère parmi la population, fatiguée des déboires d'une institution déjà sauvée de la faillite par son gouvernement en raison des "subprime".

Le document signé à l'"amiable" a même été jugé illégal par la justice en février 2010 avant d'être sauvé in extremis par une ratification au Parlement en juin.

Après le 26 août, les autorités helvétiques devraient ainsi pouvoir souffler, d'autant qu'elles ont accepté en mars de mettre fin à la distinction entre fraude et évasion fiscale rendant plus ouverte la coopération avec d'autres Etats.

Mais pour UBS, l'affaire a laissé des traces. Plusieurs tentatives -- une initiative parlementaire et une plainte d'actionnaires -- sont en cours en Suisse pour tenter de faire payer l'ancienne direction de l'institution.

Surtout, la banque peine toujours à rétablir son image.

Elle souffre de "problèmes de crédibilité générale" après une affaire qui "a montré à quel point elle avait agi comme une organisation criminelle avec une stratégie organisée d'aide aux fraudeurs", estime le député socialiste Roger Nordmann.

Aujourd'hui, UBS "reste la banque qui s'est fait prendre la main dans le pot de confiture" aux Etats-Unis, renchérit Roby Tschopp de l'association d'actionnaires Actarès.

L'analyste de la banque Sarasin, Rainer Skiecka, se montre plus tempéré.

L'institution financière helvétique a renoué avec le vert depuis trois trimestres et travaille dur pour reconquérir les milliers de clients perdus, pilotée par une nouvelle direction. Elle a ainsi lancé cette semaine une gigantesque campagne mondiale de publicité préparée par Publicis.

UBS "travaille dans la bonne direction mais cela prendra du temps", résume M. Stiecka.



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