LOME, 19 sept 2012 (AFP) - Les chefs de missions de l'Union européenne, de l'Allemagne, de la France, des Etats-Unis et la coordonnatrice du système des Nations Unies accrédités au Togo ont exprimé mercredi leur "vive préoccupation", après la manifestation de l'opposition empêchée samedi à Lomé.
Plusieurs dizaines de personnes armées de gourdins et de machettes ont empêché la tenue d'une manifestation du Collectif "Sauvons le Togo" - regroupement de neuf organisations de la société civile et sept partis et mouvements politiques de l'opposition - entraînant des heurts sporadiques dans lesquels la police n'était pas intervenue.
Au moins quarante personnes ont été blessées, selon les responsables du Collectif, qui a accusé des miliciens du parti du pouvoir.
Dans un communiqué conjoint transmis à l'AFP, les chefs de mission expriment leur "vive préoccupation au vu des images de confrontations violentes et d'utilisation d'armes blanches lors de cette manifestation autorisée de l'opposition".
Ils "déplorent ce regain de tension politique, tout en réitérant leur attachement à la liberté d'expression et de manifestation non violente", et appellent "toutes les parties à faire preuve de retenue et de modération dans le respect des droits de l'Homme".
Ces diplomates invitent les médias et la société civile à "condamner toute forme de violence et à prendre toutes les mesures pour assurer l'apaisement nécessaire à l'approfondissement et à l'élargissement du dialogue, politique et citoyen, en vue de la poursuite des réformes démocratiques et de la préparation des prochaines échéances électorales".
Les élections législatives sont théoriquement prévues pour le mois d'octobre, car aucune date n'a encore été fixée pour la tenue de ce scrutin.
La Commission nationale des droits de l'Homme (CNDH) a "déploré" mercredi l'attitude des jeunes qui ont empêché cette manifestation de l'opposition et a invité le gouvernement à "assumer ses responsabilités face à ces dérives".
"De telles pratiques souvent décriées, peuvent entraîner des réactions en chaînes incontrôlées aux issues imprévisibles et donc préjudiciables au climat social déjà précaire", estime la CNDH dans un communiqué.
Le collectif "Sauvons le Togo" a déjà organisé depuis juin plusieurs manifestations à Lomé, la plupart dispersées par des forces de l'ordre. Ce collectif a prévu d'autres manifestations les 25, 26 et 27 septembre à Lomé.
Les femmes de ce collectif ont de leur côté appelé à une marche jeudi à travers les rues de la capitale.
Le Togo est dirigé depuis 2005 par le président Faure Gnassingbe, qui a succédé à son père Gnassingbe Eyadema, lui-même resté 38 ans au pouvoir. Faure Gnassingbe avait été porté au pouvoir par l'armée, puis a remporté les élections en 2005 et 2010.


























