Carletonville, 11 sept 2012 (AFP) - Le jeune tribun populiste noir Julius Malema a appelé mardi les mineurs d'Afrique du Sud à une grève nationale de cinq jours par mois jusqu'à ce que tous obtiennent un salaire de 12.500 rands (1.250 euros), dans un discours aux ouvriers en grève d'une mine d'or proche de Johannesburg.
"S'ils n'accèdent pas à votre demande, nous allons faire grève cinq jours par mois jusqu'à ce que nous obtenions 12.500 rands", a-t-il lancé mardi devant quelques milliers de mineurs du site aurifère de KDC, exploité par le groupe Gold Fields à Carletonville, à l'ouest de Johannesburg.
"La lutte de Marikana doit s'étendre à toutes les mines", a ajouté le jeune dirigeant politique, ancien leader de la Ligue de jeunesse du Congrès national africain, l'ANC, parti au pouvoir, en avril en raison de ses positions outrancières.
Julius Malema, très populaire parmi les grévistes, n'occupe formellement aucune fonction lui permettant de parler au nom des mineurs ou de décider d'une action.
Mardi, celui que la presse surnomme "Juju", a été accueilli par une foule enthousiaste sur le site de KDC, certains grévistes brandissant des pancartes proclamant: "Juju président".
La revendication de 12.500 rands par mois est à l'origine de la grève sauvage du site de platine de Marikana (nord). Le conflit a tourné au drame en août lorsque 44 hommes ont trouvé la mort, dont 34 abattus par la police le 16 août.
Depuis cette fusillade, Malema est sorti de l'anonymat politique où l'avait plongé son expulsion de l'ANC, et s'adresse régulièrement à des mineurs en grève, promettant de rendre "ingouvernable" le secteur minier sud-africain, poumon de l'économie nationale.


























