MEXICO, 18 juil 2012 (AFP) - Le rapport du Congrès américain sur des défaillances de la banque britannique HSBC portant notamment sur le transfert du Mexique vers les Etats-Unis de 7 mds USD qui pourraient provenir en partie du trafic de drogue met en lumière les faiblesses du Mexique dans la lutte contre le blanchiment.
Le président de la Commission bancaire et de valeurs mobilières du Mexique, Guillermo Babatz, a admis mercredi devant la presse que les révélations du rapport américain montrent "les diverses faiblesses et la vulnérabilité du système financier", tout en soulignant les mesures adoptées pour le renforcer et en rappelant que ce sont les investigations menées au Mexique qui ont permis de mettre au jour ces mouvements suspects.
Selon le rapport des sénateurs américains présenté lundi, la branche mexicaine du groupe a transféré 7 milliards de dollars vers HBUS (la filiale américaine de HSBC) entre 2007 et 2008 faisant "suspecter" qu'une partie de la somme "provienne de la vente de drogues illégales aux Etats-Unis" entrée frauduleusement au Mexique puis introduite dans le système bancaire pour être réinvestie en Amérique.
M. Babatz a indiqué qu'entre 2002 et 2009 HSBC avait été avertie de la faiblesse de ses contrôles pour empêcher le blanchiment d'argent et avait reçu des sanctions administratives.
Depuis 2010, la Banque centrale mexicaine limite à 7.000 dollars mensuels les opérations en liquide réalisées dans les banques et les maisons de change.
D'autres mesures sont à l'étude concernant le commerce des bijoux, les jeux, les immeubles et les automobiles.
"Nous sommes bien conscients que les transactions en dollars et en liquide génèrent un problème", a reconnu M. Babatz.
Le rapport américain souligne aussi que HSBC Mexique gère 50.000 comptes et fonds pour un montant de 2,1 milliards de dollars aux îles Caïman, où elle n'a ni bureaux, ni employés.
Pour l'expert argentin Edgardo Buscaglia, spécialisé dans le crime organisé et intervenant à l'université de Columbia aux Etats-Unis, le Mexique est "un bazar" pour les flux d'argent illicites.
Il n'y a pas de chiffres précis du montant du blanchiment au Mexique, mais le Département d'Etat américain estime qu'il pourrait atteindre entre 19 et 39 milliards de dollars annuellement.
Le rapport de la Banque centrale mexicaine sur la balance des paiements au premier trimestre 2012 montre que 14,3 milliards de dollars ont quitté le pays sans raison spécifique sur la période, un chiffre cinq fois plus élevé que les investissements à l'étranger des entreprises mexicaines.


























