BRUXELLES, 06 juin 2012 (AFP) - La Commission européenne observe une forte recrudescence du protectionnisme dans les pays du G20 --qui représentent quelque 80% du commerce mondial-- et ce notamment dans les pays émergents comme l'Argentine, la Russie ou l'Indonésie, indique un rapport publié mercredi.
Ces derniers huit mois, 123 nouvelles restrictions commerciales ont été introduites dans les pays du G20, soit une hausse de 25%, souligne le rapport.
Seules 13 mesures protectionnistes ont été abolies dans l'intervalle dans les pays du G20, qui représentent à eux seuls les deux tiers de la population mondiale et plus de 90% du produit mondial brut.
Depuis le début de la crise en octobre 2008, c'est l'Argentine qui a pris le plus de mesures défensives face à la concurrence commerciale extérieure (119), suivie par la Russie (86 mesures) et l'Indonésie (59 mesures).
D'autres économies émergentes comme le Brésil, la Chine, l'Inde, l'Afrique du Sud et l'Ukraine ont introduit récemment des mesures destinées à promouvoir certains secteurs industriels, combinées à des distorsions commerciales destinées à les protéger. C'est le cas notamment d'une hausse de 30% des taxes sur les produits industriels au Brésil, ou de l'interdiction d'export de coton brut annoncée en mars par l'Inde, deuxième producteur mondial de coton, précise le rapport.
Depuis octobre 2008, seules 89 dispositions protectionnistes ont été annulées, tandis que 534 nouvelles mesures sont en vigueur, note la Commission européenne.
Le rapport relève aussi que la Russie, qui s'apprête à rejoindre l'Organisation mondiale du commerce (OMC), "ne satisfait actuellement pas à ses obligations de futur membre de l'organisation" compte tenu des mesures prises ces derniers mois. La ratification par le Parlement russe des documents sur l'adhésion à l'OMC est en principe prévue avant fin juillet.
Ces restrictions commerciales se font, dans le cas russe, par le biais de réglementations sur la sécurité des produits alcoolisés, l'introduction d'une interdiction d'importations d'animaux vivants de l'UE, ou la préparation d'une nouvelle taxe de recyclage imposée aux véhicules importés, de l'ordre de 1.000 à 5.000 euros par véhicule.


























