WASHINGTON, 11 mai 2012 (AFP) - La première banque allemande Deutsche Bank a réglé un contentieux qui l'opposait au gouvernement américain pour 202,3 millions de dollars (156 millions d'euros), a annoncé la justice américaine dans la nuit de jeudi à vendredi.
Deutsche Bank limite les dégâts car l'Etat américain réclamait au départ plus d'un milliard de dollars de dommages et intérêts.
En cause, MortgageIT, une filiale de Deutsche Bank aux Etats-Unis, qui a reconnu avoir enjolivé la qualité de crédits hypothécaires à risque ("subprimes") pendant dix ans pour continuer à obtenir des garanties d'une agence fédérale du logement, selon la justice américaine.
De 1999 à 2009 MortgageIT avait ainsi adossé des milliards de dollars de garanties publiques à 39.000 crédits hypothécaires, sans se soucier si les emprunteurs allaient être en mesure de rembourser un jour leurs dettes, selon la justice.
MortgageIT avait ensuite fait des profits en revendant ces titres, tandis que l'Etat américain s'était retrouvé confronté à la fin avec une avalanche de défauts de paiement et de lourdes pertes à la clé.
"Deutsche Bank salue le règlement à l'amiable qui clôt l'affaire pour la banque" a réagi vendredi le groupe allemand. Il a aussi précisé qu'il avait déjà fait des provisions pour couvrir entièrement l'impact financier de ce litige.
Le groupe avait jusqu'à présent toujours affirmé qu'il ignorait tout des pratiques douteuses de MortgageIT dans les "subprimes" (prêts hypothécaires à haut risque) et qu'il ne pouvait en être tenu responsable, n'ayant racheté la société qu'en 2007.
Deutsche Bank et Goldman Sachs avaient été épinglés par un rapport du Sénat américain il y a plus d'un an pour leur rôle supposé dans la crise du subprime, laquelle avait débouché sur la crise financière mondiale à l'automne 2008.
Depuis l'an dernier le patron de Deutsche Bank Josef Ackermann, dont le mandat prend fin le 31 mai, tente de faire le ménage dans les nombreux litiges juridiques que traîne sa banque, notamment ceux liés à la crise des subprimes.
Selon le Financial Times Deutschland vendredi, M. Ackermann aurait confié un jour en petit comité que l'achat de MortgageIT pour environ 340 millions d'euros en 2007 avait été "la plus grande erreur" de son mandat.


























