Lagos, 19 avr 2012 (AFP) - Shell envisage d'investir 4 milliards de dollars dans des projets au Nigeria pour accroître sa production dans ce pays premier producteur de pétrole d'Afrique, et pour réduire sa quantité de gaz torché, a annoncé le PDG du groupe anglo-néerlandais.
"Shell évalue des nouveaux projets onshore au Nigeria, qui augmenteront la production et réduiront le torchage", a déclaré Peter Voser lors d'un discours mercredi à Londres, mis en ligne sur le site internet de la compagnie.
"Ces projets pourraient coûter quelque 4 milliards de dollars", a-t-il affirmé.
Le torchage consiste à brûler le gaz qui s'échappe lors du processus d'extraction de brut, une pratique qui pollue énormément. Des compagnies pétrolières travaillent à doter leurs installations de systèmes pour récupérer ce gaz.
Le gouvernement nigérian souhaite une utilisation accrue de son gaz naturel pour alimenter de nouvelles centrales électriques qui doivent augmenter la production de courant dans un pays de 160 millions d'habitants vivant au rythme de longues coupures.
Le Nigeria souhaite aussi accroître ses exportations de gaz naturel liquéfié.
Peter Voser a dit espérer que les nouveaux projets seraient terminés "d'ici 2014 à 2015", à condition que les partenaires du groupe les approuvent et que les conditions sécuritaires le permettent.
La Shell Petroleum Development Company (SPDC), filiale du groupe au Nigeria, a déjà réduit sa quantité de gaz torché de 20% en 2011 par rapport à 2010, a-t-il souligné, indiquant que l'objectif, avec les nouveaux investissements, était de passer en dessous de la moyenne mondiale.
Shell est le premier producteur de pétrole au Nigeria. En 2011, sa production s'est établie à 800.000 barils par jour contre 460.000 en 2009, quand les violences des groupes armés opérant dans la région pétrolifère du Delta du Niger avaient fait chuter la production.
Une amnistie offerte à ces combattants en 2009 a permis une accalmie, même si des incidents sporadiques ont toujours lieu.
Le vol de brut dans le delta du Niger en revanche est un phénomène qui prend de l'ampleur. M. Voser a indiqué que selon des estimations, 150.000 barils étaient détournés quotidiennement au Nigeria.


























