WASHINGTON, 19 avr 2012 (AFP) - Le Fonds monétaire international va tenter d'obtenir vendredi à Washington un engagement des pays riches et émergents du G20 à augmenter substantiellement ses ressources financières, en dépit du refus catégorique des Etats-Unis et des hésitations d'autres pays.
Les ministres du groupe se retrouvent dans la capitale américaine pour probablement annoncer un chiffre.
Le pays premier actionnaire du FMI, cependant, ne contribuera pas. Cette position inflexible de Washington a contraint la directrice générale du Fonds, Christine Lagarde, à revoir ses ambitions initiales à la baisse.
Elle vise aujourd'hui "400 milliards de dollars voire plus", assez loin des 600 milliards évoqués en janvier. "Aujourd'hui, le risque est moindre", a-t-elle assuré, même si l'Europe "n'est pas tirée de l'ornière".
Pour les Américains, le Fonds "a la capacité de lever des finances supplémentaires d'autres pays très, très vite s'il en a besoin", a souligné mercredi le secrétaire au Trésor américain, Timothy Geithner.
Il peut actuellement engager jusqu'à 382 milliards de dollars, selon le dernier point hebdomadaire sur ses ressources.
Ce total est voué à grimper. Le FMI compte sur l'engagement pris par le Japon, à hauteur de 60 milliards de dollars, sur celui de trois pays scandinaves (Suède, Norvège et Danemark), soit un peu plus de 26 milliards, et sur celui de la Pologne, de 8 milliards.
A quelques heures des premières rencontres à Washington, avec la réunion informelle du G7 jeudi-après midi, la Suisse et d'autres pays non identifiés se sont également engagés à apporter l'équivalent de 26 milliards de dollars, a annoncé dans un communiqué Mme Lagarde.
Ces nouvelles contributions viennent donc s'ajouter à celles des pays de la zone euro (150 milliards d'euros en janvier), et portent à 320 milliards de dollars les sommes glanées par le FMI ces derniers mois.
"Je suis, bien entendu, très encouragée par cette forte démonstration de soutien pour le Fonds et j'attends de nouveaux engagement de nos autres membres", à l'occasion de la venue des ministres des Finances à Washington, a commenté la directrice générale dans son communiqué.
C'est aussi le souhait de l'Allemagne qui a appelé de ses voeux un signal fort, estimant que les Européens avaient rempli leur part du contrat en se dotant d'un "pare-feu" de 800 milliards d'euros pour faire face à la crise.
"Nous espérons fortement que nous pourrons présenter un chiffre à Washington", a dit mardi une source gouvernementale allemande, appelant les "partenaires internationaux à fournir un effort comparable" à celui des Européens.
La Chine et d'autres pays émergents comme le Brésil n'ont pas fait connaître leur intention, même si Pékin a réaffirmé à maintes reprises sa volonté de soutenir les efforts des Européens.
"La Chine sera au rendez-vous, nous en avons la certitude. Mais va-t-elle donner un chiffre cette semaine, ou au Mexique" en juin, à l'occasion du sommet des chefs d'Etat du G20? "Il y a une incertitude", a-t-on jugé de source européenne.
Mme Lagarde se montre patiente. "Nous sommes déterminés à faire ce qui est en notre pouvoir et je suis disposée à laisser la question ouverte pendant quelques semaines, certains pays ayant besoin de plus de temps pour obtenir l'approbation" de leurs parlements, a-t-elle ainsi assuré.
Quant aux Etats-Unis, leur apport "pourrait prendre d'autres formes" qu'une contribution en liquide, a concédé la directrice générale.
Le sujet devrait être discuté toute la journée de jeudi entre délégations du G20. Dans l'après-midi, les ministres des Finances et banquiers centraux du G7 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni) ont prévu une réunion informelle.
Les ministres du G20, groupe que préside actuellement le Mexique, doivent se retrouver pour un dîner jeudi soir, puis leur réunion formelle vendredi matin. Un communiqué est attendu à la mi-journée vendredi.


























