WASHINGTON, 18 avr 2012 (AFP) - La Banque mondiale a dénoncé mercredi le coût exagéré des subventions aux carburants en Afrique, qui selon elle bénéficient d'abord aux ménages les plus favorisés.
Plus de la moitié des pays africains ont recours à ces subventions qui, en 2010 et 2011, leur ont coûté en moyenne 1,4% du produit intérieur brut.
"Les gouvernements sont souvent réticents à faire passer toutes les répercussions de la hausse des prix des hydrocarbures aux consommateurs. L'une des raisons, c'est qu'ils souhaitent adoucir l'impact de la volatilité des cours sur le revenu réel et la consommation des ménages", a indiqué la Banque dans un rapport sur l'économie africaine ("Africa's Pulse").
Le sujet est particulièrement sensible politiquement. Le pays le plus peuplé et le premier producteur de pétrole du continent, le Nigeria, a tenté de supprimer ces subventions le 1er janvier, ce qui a doublé le prix des carburants. Après une semaine de grève générale et de manifestations violentes, il a abaissé les prix d'un tiers.
"Que les pauvres manifestent contre l'élimination des subventions du carburant qui profitent aux riches montre à quel point les problèmes de gouvernance sont graves sur le continent. Ils ne font tout simplement pas confiance au gouvernement pour dépenser les économies ainsi réalisées", a commenté l'économiste en chef de la Banque pour l'Afrique, Shanta Devarajan, cité dans un communiqué.
D'après l'institution, en moyenne dans le monde, 20% des plus riches bénéficient six fois plus que 20% des plus pauvres des subventions aux carburants.
"L'élimination des subventions et l'augmentation des prix doivent être gérées judicieusement", a considéré la Banque, et "les programmes d'aide sociale doivent être renforcés de manière à aider les ménages pauvres et vulnérables à y faire face".


























