PARIS, 27 mars 2012 (AFP) - La candidate nigériane à la présidence de la Banque mondiale, Ngozi Okonjo-Iweala, a appelé mardi à impliquer les pays émergents "dans la gestion du monde", se présentant comme une connaisseuse de l'Afrique mais aussi de "tout le monde en développement".
"Le monde a changé depuis soixante ans. La gouvernance doit donc évoluer comme l'ont montré la naissance et le succès du G20", le forum qui réunit les principaux pays riches et émergents, affirme la ministre des Finances du Nigeria dans un entretien publié par le quotidien français Le Monde.
"Les Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) pèsent pour plus de la moitié dans la croissance mondiale. N'est-il pas temps de les impliquer dans la gestion du monde? Je crois que la réponse est oui", plaide-t-elle.
Le groupe des Brics a toutefois assuré ne pas voir l'intention de soutenir un candidat commun dans la course à la présidence de la Banque mondiale, qui voit Mme Okonjo-Iweala opposée au Colombien José Antonio Ocampo et, surtout, à l'Américain Jim Yong Kim.
Ce dernier fait figure de favori en raison d'une règle non écrite qui voit traditionnellement un Américain accéder à la présidence de la Banque mondiale tandis que son institution soeur, le Fonds monétaire international (FMI), est dirigée par un Européen.
Jusqu'ici, les puissances émergentes n'ont pas réussi à rompre cette répartition.
"Les 187 Etats membres de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international ont promis que le processus de sélection des dirigeants de ces deux institutions serait transparent et reposerait sur le mérite, et non plus sur la nationalité", rappelle la candidate nigériane. "Appliquons ces principes", insiste-t-elle.
Selon Mme Okonjo-Iweala, une économiste respectée de 57 ans qui a déjà été directrice générale de l'institution de Washington dont elle brigue à présent la présidence, "pour la première fois, une Africaine (est) qualifiée pour gérer la Banque mondiale".
Les dirigeants africains "se sont convaincus que ma candidature était essentielle pour la Banque et pour l'Afrique", assure-t-elle, tout en faisant valoir qu'elle ne connaissait "pas seulement l'Afrique subsaharienne, mais tout le monde en développement", pour avoir travaillé "en Afrique du Nord, au Moyen-Orient, en Europe orientale et en Asie centrale".
En guise de programme, la ministre nigériane veut "accélérer le développement", "améliorer la vie des gens", et "pas seulement faire reculer la pauvreté". Selon elle, la Banque mondiale "est très qualifiée pour aider les pays en développement à créer des emplois, particulièrement pour les jeunes". "Faute de quoi", "les +printemps arabes+ se multiplieront", prévient-elle.
La candidate souhaite aussi que l'organisation d'aide au développement "affine sa vision des échanges Sud-Sud, car les investissements directs dans les pays pauvres proviennent de plus en plus de Chine, d'Indonésie, de Turquie ou de Corée du Sud".


























