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G20: les émergents résistent à un accord sur les déséquilibres mondiaux

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L'accord voulu par la présidence française du G20 sur la mesure des déséquilibres économiques mondiaux semblait menacé avant même l'ouverture vendredi soir à Paris d'une réunion des ministres des Finances, les pays émergents étant opposés à l'adoption de certaines mesures emblématiques.

"Donner la priorité aux intérêts nationaux" serait "la mort du G20", a mis en garde le président Nicolas Sarkozy en donnant vendredi soir devant les ministres et gouverneurs des banques centrales le coup d'envoi de la première réunion en France, qui s'achèvera samedi.

La France va lancer les chantiers qu'elle veut voir progresser d'ici au sommet de Cannes (sud-est), début novembre: réforme du système monétaire international, lutte contre la volatilité des prix des matières premières, taxe sur les transactions financières.

Mais la difficulté à parvenir à un accord sur une liste de quatre à cinq indicateurs des performances économiques en dit long sur les obstacles qui se dressent face aux ambitions de Paris.

Les grands pays émergents ont ainsi affiché vendredi leur hostilité à certains des indicateurs envisagés.

Au nom des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), le ministre brésilien Guido Mantega a dit son opposition à ce que le solde des comptes courants figure sur la liste. "On préfère prendre en compte le solde des biens et services", a-t-il affirmé.

"Nous ne sommes pas d'accord pour établir une limite à l'accumulation des réserves" de change, a-t-il ajouté. Son homologue russe Dmitri Pankin s'est dit incapable de prévoir si un accord serait conclu d'ici à samedi.

Le solde des comptes courants et le montant des réserves de change figurent dans la liste que la France souhaite voir adoptée, avec le déficit et la dette publics, le taux de change réel et l'épargne ou la dette privées.

Paris veut arracher un compromis afin que le G20 et le Fonds monétaire international (FMI) puissent faire, dans la seconde moitié de l'année, des recommandations aux pays qui présentent des excédents ou des déficits trop importants.

Il s'agit d'établir un diagnostic partagé des déséquilibres accusés d'avoir nourri la crise mondiale, mais aussi la "guerre des monnaies" qui a fait rage à l'automne entre puissances s'accusant de manipuler leur taux de change pour maintenir leurs positions commerciales.

C'est donc un préalable à la réforme de ce que la France appelle le "non système monétaire" actuel.

La présidence française entend mieux réguler les flux de capitaux par un "code de bonne conduite". Le FMI, la Banque mondiale, mais aussi les banques centrales des Etats-Unis et du Royaume-Uni ont apporté leur soutien aux ambitions de Paris en la matière.

Selon les négociateurs français, les pays émergents, soumis à des entrées et sorties massives et brusques de capitaux, sont aussi "demandeurs" de solutions.

"Nous sommes opposés à ça", leur a rétorqué vendredi le ministre brésilien.

Les autres solutions sont aussi controversées.

La France veut un "système qui soit fondé sur plusieurs monnaies internationales" et pas seulement sur le dollar. "Il y a des questions pratiques beaucoup plus urgentes", balaye un responsable du Trésor américain.

Quant à "l'internationalisation" du yuan souhaitée par Paris, elle risque de se heurter à court terme à l'hostilité de tous ceux qui, Etats-Unis en tête, accusent la monnaie chinoise d'être artificiellement sous-évaluée.

Le gouverneur de la Banque populaire de Chine Zhou Xiaochuan a jugé qu'il faudrait "plus d'une décennie" à l'économie chinoise pour qu'elle change son modèle basé sur les exportations.

Les derniers chantiers français suscitent aussi des réserves.

La régulation des prix des matières premières, au nom de la prévention de nouvelles "émeutes de la faim", est rejetée par l'Argentine et le Brésil, deux puissances agricoles.

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