Les délocalisations : un jeu mondial

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home_5mars12petit« Notre système actuel de taxation des entreprises est obsolète, injuste et inefficace. Il fournit des avantages fiscaux à ceux qui délocalisent des emplois et des capitaux », a commenté le chef de l’État américain, Barack Obama suite à la présentation de son nouveau plan fiscal très centré sur la réforme de l’impôt sur les sociétés. Une réforme qui devrait permettre de réduire de 35% à 28% le taux d’imposition sur les entreprises américaines installées aux États-Unis et contraindre celles opérant à l’étranger, à payer pour la première fois un impôt sur leurs bénéfices. Le président Obama, candidat à sa propre succession cette année, commence ainsi sa campagne électorale en s’attaquant à un sujet toujours d’actualité, les délocalisations. Et pour cause, cette question des délocalisations a été l’un des premiers sujets de mécontentement électoral lors des élections législatives de mi-mandat qui ont valu une défaite à son camp, les Démocrates.

Les États-Unis comme beaucoup d’autres pays occidentaux, sont particulièrement touchés par ce phénomène de délocalisation. Ainsi, de nombreuses entreprises américaines spécialisées dans le secteur des services et de l’informatique entre autres, ont élu domicile en Inde, en Chine, au Mexique et dans d’autres pays émergents aussi appelés pays « Low Cost », où attirées par une réduction des coûts, une main-d’œuvre bon marché et plus qualifiée, elles ont installé des usines pour une production à grande échelle. L’Inde et la Chine sont ainsi réputées pour former un grand nombre d’ingénieurs qualifiés, ce qui pousse les entreprises comme Valéo (groupe industriel français et international classé parmi les premiers équipementiers automobiles mondiaux) à y implanter de plus en plus de centres de Recherche et de développement, en plus de l’Europe Centrale.

Mais, les secteurs d’activités concernés par les délocalisations sont de plus en plus nombreux. Ainsi, la délocalisation des services, évoquée plus haut, liée à la disponibilité d’importantes infrastructures de communication, connaît un grand succès grâce notamment au développement des télécommunications et d’Internet dans beaucoup de pays « Low Cost ». Aussi, suite à l’informatisation de nombreux services, il a été possible pour ces grands groupes industriels occidentaux de déplacer le lieu de production des services vers ces pays à bas salaires sans que cela n’affecte le client. L’Inde est l’un des premiers bénéficiaires de cette tendance pour les Etats-Unis, car elle dispose d’une importante main-d’œuvre qualifiée et anglophone, tandis que les Européens, notamment les Français, se tournent vers le continent africain (le Maroc et le Sénégal en particulier) pour les mêmes raisons, à l’exception que le français remplace l’anglais. Par exemple, des services d’assistance technique par téléphone sont fournis aux clients américains et français sans que ceux-ci ne connaissent la nationalité de leur interlocuteur. Ainsi en Inde, dans la ville de Bangalore, le développement de l’industrie informatique a été accéléré par l’implantation des grandes entreprises américaines. En France, des sociétés telles qu’Axa ou la Société générale ont également délocalisé leur comptabilité dans ce pays, British Airways et Swissair leurs activités de réservation. Mais des secteurs comme l’industrie automobile (exemple de Renault à Tanger, la ville marocaine), l’électroménager, les entreprises de sous-traitances, etc. sont également très touchés par les délocalisations.

Par ailleurs, une nouvelle tendance a commencé à se dessiner ces dernières années : celle de moins délocaliser vers des pays comme la Chine, très sollicités jadis. Ainsi, à l’image du groupe allemand Adidas qui avait décidé en 2008, de réduire sa production dans ce pays pour la transférer en Inde, au Cambodge ou au Laos, de plus en plus de sociétés américaines et européennes même asiatiques font de même. En cause : la hausse des coûts salariaux (plus de 10% sur la zone côtière) et du yuan. Pour autant, le marché chinois reste tout de même attrayant au niveau du coût de la main-d’œuvre, qui reste compétitif dans certaines régions, notamment pour ce qui est du textile et des jouets.

Vitraulle Mboungou  Vitraulle Mboungou

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