La conférence internationale « Africa 21 » organisée par le chef de l’État camerounais pour réfléchir à l’avenir de l’Afrique, s’est achevée mercredi denier à Yaoundé après deux jours d’intenses travaux. Un rapport général et une déclaration dite de Yaoundé ont couronné ces travaux. D’une manière générale, il en ressort que l’Afrique dispose d’un potentiel important et des moyens pouvant lui permettre de se faire une place sur l’échiquier mondial.
Il en est ressorti des lignes forces suivantes : « la nécessité pour l’Afrique de rationaliser les dispositifs institutionnels d’intégration en Afrique, de renforcer les valeurs d’éthique et l’implication des intellectuels dans les processus de développement des États, d’accroître les infrastructures régionales et continentales, de mettre en place des dispositifs de correction du marché international » ; la nécessité du « renforcement de l’État de droit comme vecteur de la performance économique » ; « l’urgence de l’appropriation par l’Afrique de la pensée du développement, le statut de la monnaie et du régime de change » ; « la corrélation entre pauvreté et criminalité, l’insécurité médicale, l’intégration régionale comme facteur de sécurisation, la dimension prévention dans la gestion des conflits, l’architecture sécuritaire de la CEMAC, la distinction entre réponse concertée et réponse collective en matière de sécurité ».
Par ailleurs, cinq ateliers ont été organisés dans le but d’approfondir la réflexion sur certains aspects : « l’agriculture et le développement de demain », « une meilleure exploitation des matières premières et des ressources énergétiques au service du continent », « favoriser l’émergence d’un secteur privé africain », « renforcer l’intégration économique du continent », et « promouvoir une intégration économique et sociale de la jeunesse africaine ».
De nombreuses suggestions ont été émises au cours de ces ateliers. Citons : « l’augmentation substantielle des crédits destinés au financement des politiques agricoles, la vulgarisation des produits de la recherche agricole et le développement des exploitations agricoles intensives sur de grandes surfaces à travers une mécanisation adaptée », « l’adhésion de l’ensemble des États à l’Initiative de transparence dans les industries extractives », « rationaliser le périmètre des organes d’intégration régionale afin de les rendre plus fortes pour éviter les doubles emplois, les déperditions des ressources, et développer un tissu infrastructurel intégrateur notamment en matière de transport et d’énergie », « la promotion de la création de grandes multinationales africaines à côté du développement des PME et des PMI, l’édiction de normes fiscales claires et attractives de même que la promotion de la propriété intellectuelle et industrielle ».
La lecture de la Déclaration de Yaoundé a précédé le discours du président du pays hôte de la conférence, Paul Biya, qui a dit sa satisfaction pour le déroulement des travaux, annoncé la mise en place d’un comité de suivi des résolutions de cette conférence et demandé aux Africains de mettre fin au misérabilisme ambiant et de prendre leur part dans les affaires du monde.
Moane EhindiLes articles suivants pourraient aussi vous intéresser:
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