Un rapport du Sénat américain vient d’épingler la banque britannique HSBC pour avoir fait prendre des risques au système financier américain en l’exposant à de possibles activités de blanchiment d’argent lié au trafic de drogue ou au financement du terrorisme. Le rapport de 330 pages émis par une commission d’enquête du Sénat liée à la Sécurité intérieure du pays, a souligné de « graves carences » dans le système anti-blanchiment de la filiale américaine de HSBC, HBUS, qui ne parvient pas, selon ces parlementaires, à surveiller de façon efficace les activités suspectes. Selon eux, les cartels mexicains de la drogue auraient ainsi transféré près de 7 milliards de dollars vers HBUS entre 2007 et 2008. HBUS qui possède 470 agences aux États-Unis et fournit des services à environ 1 200 autres banques comme la banque saoudienne Al Rajhi Bank, soupçonnés de liens avec des organisations terroristes présumées. Le géant bancaire britannique a reconnu des « défaillances » et présenté publiquement ses excuses à la suite de ce rapport accablant sur ses pratiques.
Pour autant, les États-Unis ne sont pas le seul pays à être confronté à ce type de problème. En effet, le blanchiment d’argent définis comme tout processus servant à dissimuler la source de l’argent ou des biens tirées d’activités criminelles telles que le trafic de drogue, la contrebande ou contrefaçon, la fraude, l’extorsion de fonds, la corruption et autres, est un phénomène qui n’épargne aucun État y compris le Vatican. Par exemple, le département d’État américain dans son rapport annuel sur la lutte contre le trafic de drogue dans le monde, a récemment ajouté pour la première fois, le Saint-Siège dans une liste 68 pays susceptibles d’être touchés par le blanchiment d’argent. Classé dans la catégorie « situation préoccupante », l’État pontifical « potentiellement vulnérable au blanchiment d’argent » en raison de ses importantes transactions avec le reste du monde, se retrouve ainsi au même niveau que des pays comme l’Albanie, l’Égypte, le Portugal ou le Yémen. Cette catégorie est un cran en dessous de celle de « préoccupation première » qui regroupe 66 pays dont l’Afghanistan, les États-Unis, le Brésil, la Chine, la Russie, l’Irak, la France, etc.
Ces activités illicites qui semblent donc toucher une grande partie des pays dans le monde, génèrent selon les experts internationaux, près de 1 500 milliards de dollars par an de capitaux recyclés dans les circuits financiers. Et d’après le Fonds monétaire international (FMI), le blanchiment d’argent représenterait de 2 à 5% du PNB mondial. Afin d’introduire ces fonds dans l’économie légale, leurs détenteurs ont recours à de nombreux subterfuges pour leur conférer une apparence de légitimité en leur faisant subir préalablement toute une série de transformations, plus ou moins complexes. Et une fois ce travail de blanchiment réalisé, il devient dès lors très difficile de discerner son origine frauduleuse, d’où l’importance de prendre les chiffres ainsi communiqués avec précaution.


























