Qui succédera à l’américain Robert Zoellick à la tête de la Banque mondiale (BM)? Un autre Américain? Le Colombien José Antonio Ocampo ou encore la Nigériane Ngozi Okonjo-Iweala? Les paris sont ouverts.
Il serait intéressant, avant l’annonce du « grand gagnant », de revenir sur cette autre institution de Bretton Woods. La BM, à l’instar du Fonds mondial international (FMI), est une institution financière du système des Nations Unies dont la création a été décidée à l’occasion de la conférence internationale réunie à Bretton Woods dans le New Hampshire (États-Unis) en juillet 1944. À la veille de la fin de la 2nde Guerre mondiale, les participants à cette conférence souhaitaient ainsi établir un cadre de coopération et de développement économiques soutenant les bases d’une économie mondiale plus stable et plus prospère. La Banque mondiale créée officiellement le 27 décembre 1945 sous le nom de Banque internationale pour la reconstruction et le développement avait alors pour principale mission d’aider l’Europe et le Japon dans leur reconstruction d’après-guerre. Elle a ainsi accordé son premier prêt, d’un montant de 250 millions de dollars, à la France en mai 1947.
Avec le mouvement de décolonisation plus d’une décennie plus tard et le rattrapage économique du Japon et de l’Europe, l’institution s’est ensuite fixé un nouvel objectif qui était d’encourager la croissance économique des pays en voie de développement, notamment africains, asiatiques et latino-américains, avec le financement de grands projets d’infrastructures comme des centrales électriques, des autoroutes, des aéroports, des centres de santé, etc. Dans les années 90, suite à de nombreuses critiques venant de la société civile qui l’accusait alors de ne pas respecter ses propres principes dans le cadre de certains projets, la BM a dû, à diverses reprises, réorienter son action. Elle a ainsi cherché à améliorer avec l’aide de ses deux institutions, la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) et l’Association internationale de développement (IDA) son efficacité, aussi bien au plan interne qu’externe, en renforçant sa lutte pour la réduction de la pauvreté des pays les moins avancés (PMA) en leur apportant des aides financières et des conseils sur des axes comme l’éducation, l’agriculture, l’industrie, la santé, etc.


Eugene Meyer (juin 1946 - décembre 1946)
Présidents de la banque mondiale depuis 1946

John J. McCloy (mars 1947 – juin 1949)
Présidents de la banque mondiale depuis 1946

Eugene R. Black. Sr (1949 – 1963)
Présidents de la banque mondiale depuis 1946

George D. Woods (janvier 1963 – mars 1968)
Présidents de la banque mondiale depuis 1946

Robert McNamara (avril 1968 – juin 1981)
Présidents de la banque mondiale depuis 1946

Alden W. Clausen (juillet 1981 – juin 1986)
Présidents de la banque mondiale depuis 1946

Barber B. Conable (juillet 1986 – août 1991)
Présidents de la banque mondiale depuis 1946

Lewis T. Preston (septembre 1991 – mai 1995)
Présidents de la banque mondiale depuis 1946

James Wolfensohn (juin 1995 - mai 2005)
Présidents de la banque mondiale depuis 1946

Paul Wolfowitz (1er juin 2005 - 30 juin 2007)
Présidents de la banque mondiale depuis 1946

Robert Zoellick (depuis le 1er juillet 2007)
Présidents de la banque mondiale depuis 1946
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Les financements ainsi accordés sous forme de prêts étaient versés, au départ, en fonction de considérations uniquement économiques sans égard pour le régime politique du pays bénéficiaire. Mais, les choses ont changé depuis les années 2000. Désormais, ces prêts se font sous certaines conditions relatives à l’utilisation de cette aide. La BM réclame donc la mise en place de certaines dispositions politiques comme les fameuses « politiques d’ajustement structurel » censées limiter la corruption, maintenir un équilibre budgétaire, faciliter l’émergence d’une démocratie, etc.
Par ailleurs, la Banque mondiale est souvent comparée à l’autre institution de Bretton Woods qu’est le FMI. Si les deux visent le même objectif qui est de relever le niveau économique des pays membres, leurs approches à cet égard restent quelque peu différentes. Comme il a été indiqué ci-dessus, la BM se consacre essentiellement au développement économique à long terme et à la lutte contre la pauvreté des pays en voie de développement tandis que le FMI se concentre plus sur les questions macroéconomiques et de commerce international. En effet, le rôle de ce dernier consiste surtout à favoriser le commerce international en tentant de prévenir ou de minimiser l’impact des crises qui peuvent survenir au niveau des échanges commerciaux internationaux mais également, à offrir aux pays des conseils de politique économique et une assistance technique pour les aider à bâtir et à maintenir des économies prospères. Le FMI peut ainsi intervenir auprès d’un pays en crise pour l’aider à rembourser ses emprunts auprès de certains investisseurs, etc. Mais, il exige en contrepartie, que le pays emprunteur opère des réformes pour rembourser ses dettes, c’est-à-dire prendre des mesures pour faire rentrer plus de devises étrangères qu’il n’en dépense. En somme, pour bénéficier d’un sauvetage de la part du FMI, que le pays emprunteur doit transformer son déficit commercial en excédent, importer moins et exporter plus.
























