Chapeau : C'est bien connu, le Canada est un pays d'immigration. Le pays ouvre ses portes aux citoyens ordinaires comme résidents permanents selon leur niveau d’éducation, leur expérience de travail et leur connaissance du français ou de l’anglais. Mais il existe également le programme d’immigration des gens d’affaires pour les entrepreneurs et les investisseurs qui veulent contribuer au développement économique de leur futur pays d'accueil. Un parcours quelquefois ardu.
Le Canada souhaite attirer de nombreux immigrants, ambitieux économiquement, afin de favoriser et d'accompagner le développement d’une économie forte et prospère. Le Programme d’immigration des entrepreneurs a pour objectif d’attirer des gens d’affaires expérimentés qui deviendront propriétaires ou gérants actifs d’une entreprise canadienne afin de contribuer à la création d’emplois. Au-delà des critères d'admissibilité communs à l'ensemble des immigrants, les futurs entrepreneurs canadiens doivent d'abord montrer qu’ils possèdent de l’expérience en affaires, autrement dit qu'ils ont déjà géré une entreprise et contrôlé un pourcentage des capitaux propres de celle-ci pendant au moins deux ans. Ensuite, ils doivent détenir un avoir net d’au moins 300 000 $CAN obtenus légalement.
Le ministère chargé d'attirer cette catégorie de migrant, Citoyenneté et Immigration Canada (CIC), fait la distinction entre les investisseurs et les entrepreneurs. Concernant, les investisseurs, ceux-ci devront prouver détenir un avoir net minimal de 1 600 000 $CAN obtenu légalement et qu'ils sont prêts à faire un placement de 800 000 $CAN que le CIC s'engage à rembourser, sans intérêt, environ cinq ans et deux mois après la date du paiement.
Selon le ministère, entre les années 2004-2008, le Canada a accueilli plus de 4 300 nouveaux immigrants d'affaires qui ont investi plus de 1,7 milliard de dollars dans l'économie canadienne. Il s'agit là d'une manne financière importante que le pays espère faire fructifier. Les agents gouvernementaux poursuivent donc leurs efforts de séduction à l'étranger en insistant notamment sur les possibilités de débouchés malgré une lourdeur administrative apparente.
Jean-Philippe Cat par exemple, un entrepreneur français spécialisé dans la traduction, avoue ne pas avoir rencontré de grandes difficultés lors de son installation à Montréal il y a deux ans. Si les démarches administratives liées à l'immigration sont parfois un peu fastidieuses, les relations d'affaires et la création de son entreprise ont été en revanche assez rapides. « Le business est plus simple ici, précise le dirigeant d'Asiatis. Grâce aux réunions de réseautage et aux différentes aides des chambres de commerce spécialisées, l'intégration dans le tissu économique local a été aisé. »
Néanmoins, d'autres entrepreneurs choisissent eux la voie de l'immigration classique. Plutôt que de s'embêter à établir une somme de documents précisant leurs qualités de gens d'affaires, ils préfèrent immigrer plus simplement et engager les démarches liées à leur business une fois installés. C'est le cas pour Pierre et Gaëlle Faye, qui ont quitté la France avec leurs enfants avec un statut de résidents permanents et qui ont ouvert, après quelques mois sur le sol canadien, un magasin à Québec. « Les services de l'ambassade canadienne en France nous ont conseillé de choisir l'immigration traditionnelle. Les démarches administratives sont, dans tous les cas de figure, longues et sélectives », conclut le couple d'entrepreneurs.
Même si chaque expérience est unique, le modeste contingent d’investisseurs africains qui se trouvent en terre canadienne, présente à peu près le même profil et a suivi les mêmes voies. Toutefois, les succès en bout de course dépendent à la fois des secteurs d’investissement et de l’adaptation au milieu canadien. C’est pour cela que le rendement peut être plus immédiat dans le milieu financier et moins rapide dans le petit commerce. Une fois dans le circuit, les prétentions affichées lors de son immigration restent les seules armes avec les cordons de la bourse à délier ou à serrer selon l’humeur de l’économie.





















