GOMA, République démocratique du Congo - La frontière entre la République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda est fermée de 18h00 à 6h00 depuis lundi et jusqu'à nouvel ordre, a-t-on appris mardi de source officielle à Goma, capitale de la province congolaise du Nord-Kivu (est) en proie à une rébellion armée.
Cette décision prise par le gouverneur de la province, Julien Paluku, a été annoncée par la radio locale. Elle concerne les deux postes-frontières, entre les villes de Goma et Gisenyi, au Rwanda.
La radio n'a pas précisé les raisons de cette fermeture, mais les autorités du Sud-Kivu ont, quant à elles, étendu le couvre-feu frontalier à Bukavu, en invoquant une criminalité accrue aux frontières.
Plusieurs milliers de personnes franchissent chaque jour la frontière entre Goma et Gisenyi, munies d'un jeton que leur remettent les autorités et qu'ils présentent dans le pays voisin.
Mardi en fin d'après-midi, les files s'allongeaient devant le poste dit de la "grande barrière" afin de passer avant l'heure fatidique, a constaté l'AFP. D'autant que les taxis motos sont interdits de circulation dans Goma dès le début de la soirée.
"Nous ne vivons que de cette frontière", se plaint Suzanne Sematumba, 37 ans, une Rwandaise qui vient vendre de la viande en RDC. "Cette mesure est trop dure pour nous", dit-elle, soulignant que sa marchandise se vend le mieux en soirée.
Raphaël, un Congolais de 40 ans, "fait le commerce depuis plus de dix ans". "Cette mesure nous rend la vie difficile", dit-il en demandant aux autorités de revenir sur leur décision.
Plus au sud, à Bukavu, capitale du Sud-Kivu, la fermeture de la frontière a été avancée de 22H00 à 18h00, pour rouvrir à 6H00 du matin.
Le gouverneur du Sud-Kivu, Marcellin Cishambo Ruhoya, a précisé dans un communiqué que cette décision était due à "la recrudescence de la criminalité à nos frontières".
L'insécurité liée aux troubles militaires dans le nord du Kivu s'est étendue au sud: ainsi une journée ville-morte en signe de protestation a-t-elle été organisée à Uvira, une ville distante de 200 kilomètres vers le sud en bordure du lac Tanganyka.
Selon Charles Boyaka, secrétaire général de l'organisation de la société civile de cette cité, les commerçants sont de plus en plus victimes de bandes armées depuis deux semaines. Dans le quartier de Kiliba, deux changeurs de monnaie ont été tués récemment, a-t-il indiqué.

























