PARIS, France - L'admission du Qatar comme membre associé au sein de l'Organisation internationale de la Francophonie, décidée lors du sommet de Kinshasa le week-end dernier, se justifie par des "raisons de fond", a estimé mardi le porte-parole adjoint du Quai d'Orsay.
"Le Qatar a beaucoup de choses à faire valoir. Des raisons de fond justifient sa présence au sein de la Francophonie", a déclaré Vincent Floreani, citant notamment "l'engagement de Doha en faveur du renforcement du français".
Il a évoqué "l'enseignement du français rétabli dans les établissements publics qataris à la rentrée 2012", ainsi que le lancement en 2010 d'une radio francophone depuis Doha.
L'admission du Qatar directement comme membre associé, décidée lors du sommet de la francophonie à Kinshasa, a fait grincer des dents, selon une source au sein de l'OIF.
La polémique portait principalement sur la légitimité du Qatar, qui n'est pas un pays francophone, à entrer dans l'organisation, qui compte désormais 57 membres -dont 3 associés- et 20 observateurs.
Certains participants se sont notamment inquiétés de l'ambition du Qatar de développer davantage son influence en Afrique de l'Ouest musulmane et notamment de sa propension à financer des écoles religieuses prenant parfois la place d'écoles en langue française.
Selon la même source, "il y a eu des négociations très serrées sur le Qatar. Mais les Qataris ont fait un lobbying terriblement efficace auprès de différents pays, notamment africains".
"Il n'y a pas eu de contestation au sein de la francophonie", a assuré M. Floreani, soulignant que les décisions d'admission se prenaient par consensus.
Le Qatar, monarchie pétrolière et gazière du Golfe, a investi massivement en France dans le secteur sportif, l'achat de droits de diffusion TV, le marché de l'art, la mode. Sa volonté d'investir également dans les banlieues françaises suscite des interrogations dans la classe politique française.
Le chef de la diplomatie française Laurent Fabius avait récemment souhaité "bienvenue" aux investisseurs qataris, soulignant que ces derniers n'avaient "aucune pesée sur la politique étrangère" de Paris.

























