PARIS, France - Le président François Hollande a souhaité jeudi que sa visite samedi en République démocratique du Congo permette que "le processus démocratique engagé puisse aller jusqu'au bout", dans un entretien à RFI/France24/TV5Monde.
"Je dirai à Kinshasa ce que je dis partout. Je n'ai pas plusieurs langages, je n'ai pas plusieurs manières de parler selon mes interlocuteurs", a assuré le chef de l'Etat français, qui a été critiqué par des organisations de défense des droits de l'homme et une partie de l'opposition congolaise pour avoir accepté de se rendre en RDCongo où s'ouvre samedi le 14ème sommet de la Francophonie.
"C'était mon devoir d'y aller pour la France, pour le français, mais aussi pour parler à toutes les parties prenantes", a dit M. Hollande.
"C'est un grand pays, un des plus grands pays d'Afrique, avec une population qui aspire à la démocratie, avec des règles qui ne sont pas aujourd'hui encore complètement satisfaisantes. J'en parlerai avec le président Kabila et (...) aussi avec l'opposition", a-t-il souligné, alors qu'il doit s'entretenir samedi soir avec Etienne Tshisekedi, principal opposant à Joseph Kabila qui s'est autoproclamé "président élu".
"Je le verrai, j'en verrai d'autres. Pas pour m'ingérer, je ne suis pas là pour être l'arbitre, le juge", a-t-il dit. "Ce que je veux c'est permettre par ma visite que le processus démcratique engagé puisse aller jusqu'au bout", a-t-il souhaité.
"Il y a eu des élections l'année dernière en RDC, elles n'ont pas été regardées comme étant complètement satisfaisantes", a déclaré M. Hollande tout en affirmant qu'"il y a aussi des progrès qui viennent d'être accomplis", comme "une commission pour les élections, une commission pour les droits de l'homme".
Mardi, M. Hollande avait jugé "tout à fait inacceptable" la situation en RDCongo "sur le plan des droits, de la démocratie, et de la reconnaissance de l'opposition". Kinshasa avait alors vivement réagi, suggérant au président français de "compléter son information" pour rendre son voyage à Kinshasa "très utile".
Au plan diplomatique, le président français a de nouveau pris la défense de la RDC, en évoquant "l'agression" dont le pays est l'objet dans sa partie Est et en réclamant la protection de ses frontières.
Le conflit du Nord-Kivu y oppose l'armée congolaise au Mouvement du 23 mars (M23), né d'une mutinerie d'officiers tutsis soutenus, selon l'ONU, par le Rwanda voisin.
"La RDC est un grand pays, agressé à ses frontières (...) Je n'accepte pas que les frontières de ce grand pays soient mises en cause par des agressions venant de l'extérieur", a-t-il affirmé.

























