MOGADISCIO, Somalie - Deux journalistes somaliens ont été assassinés en moins de 48 heures dans la capitale Mogadiscio, ont indiqué vendredi leurs collègues, portant à quinze le nombre total de professionnels des médias victimes d'un meurtre ou tués dans un attentat depuis le début de l'année en Somalie.
Des inconnus ont abattu vendredi Ahmed Abdulahi Farah, au lendemain de la mort d'un autre journaliste, Abdirahman Mohamed Ali, dont le corps a été retrouvé décapité.
"C'est un désastre pour les médias en Somalie. Nous apprenons maintenant que le journaliste Ahmed Abdulahi (Farah), qui collaborait pour l'agence de presse yéménite Saba, a été abattu alors qu'il se trouvait dans un minibus à proximité d'un checkpoint, dans le quartier de la Medina à Mogadiscio", a déclaré à l'AFP Mohamed Ibrahim, un responsable du Syndicat national des journalistes somaliens.
"Un autre journaliste, Abdirahman Mohamed (Ali), a été tué hier (jeudi) et son corps décapité a été retrouvé dans le quartier de Suqaholaha", a ajouté le représentant des journalistes somaliens.
"Mogadiscio est devenu une véritable boucherie pour les journalistes et si cela ne s'arrête pas, la presse libre va mourir en Somalie", a déclaré un autre journaliste, Mohamed Abdulahi.
Le 20 septembre, trois journalistes figuraient parmi les 18 personnes tuées dans un double attentat suicide contre un restaurant de Mogadiscio. Un journaliste réputé qui venait de couvrir cet attentat, Hassan Youssouf Absuge, a ensuite été assassiné le lendemain matin par des inconnus, alors qu'il quittait les locaux de Radio Maanta, une radio indépendante récemment créée, pour laquelle il travaillait.
Avant même ces récents décès, l'association de défense de la liberté de la presse Reporters sans frontière avait indiqué que "2012 était devenue l'année la plus meurtrière pour la presse somalienne", rappelant que la précédente année la plus meurtrière avait été 2009 avec neuf morts.
Quasiment aucun des meurtres de journalistes n'est revendiqué, mais leur entourage est à chaque fois persuadé qu'ils ont été tués à cause de leurs reportages sur la Somalie, livrée à la guerre civile depuis 1991.

























