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Afrique du Sud: début de semaine tendue à la mine de Marikana

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marikana_27aout12 Marikana (Afrique du Sud), 27 août 2012 (AFP) - Le conflit social s'enlisait lundi à la mine sud-africaine de Marikana, théâtre d'une fusillade sanglante le 16 août, des centaines de mineurs étant toujours réunis pour continuer la grève, alors que seule une petite minorité de salariés s'est rendue au travail.

"Les premiers chiffres donnent un chiffre de 13% pour toutes les équipes du matin. Nous comprenons que les employés attendent que l'environnement soit sûr avant de revenir au travail", a indiqué dans un communiqué Lonmin, le groupe basé à Londres qui exploite la mine de platine.

"Il y a eu des incidents et des intimidations contre des chauffeurs de bus cette nuit et des intimidations contre les travailleurs du Site Est ce matin, pour les empêcher de revenir au travail", a relevé Lonmin.

Lonmin, qui avait appelé à la reprise du travail lundi matin, a ajouté que la direction allait rencontrer dans la journée les Eglises, qui jouent les médiateurs, et des représentants des grévistes.

La ministre du Travail Mildred Oliphant a parallèlement affirmé que les discussions entamées la semaine dernière entre les partenaires sociaux reprendraient mercredi.

Quelque 3.000 foreurs, sur les 28.000 employés du site situé dans le nord de l'Afrique du Sud, se sont mis en grève le 10 août, réclamant d'importantes augmentations de salaire.

Dix hommes, dont deux policiers, ont été tués entre le 10 et le 12 août dans des affrontements intersyndicaux. Puis une fusillade policière a fait 34 morts le 16 août.

Sur place, plusieurs centaines de mineurs s'étaient rassemblés à l'extérieur de la mine, déterminés à poursuivre la grève.

"Nous n'allons pas reprendre le boulot, la grève continue", a témoigné Alfonso Mofokeng, un mineur venu du Lesotho.

"Nous savons que certains sont retourné travailler, ce comportement ne nous a pas échappé et nous allons nous en occuper", a-t-il ajouté.

"En allant travailler, ils disent que ces meurtres ont eu lieu en vain!"

"Si nous sommes virés, il y aura de la violence. Notre position n'a pas changé, nous voulons de l'argent", a ajouté Lungisani Nogwanya, originaire du Cap oriental (sud-est).

Des véhicules blindés de la police avaient pris position à distance, protégeant les non grévistes.

La situation était calme dans le bidonville voisin où habitent de nombreux mineurs, où des patrouilles de police passaient régulièrement.

"Je suis venu ici pour voir si on pouvait reprendre le travail sans danger", a dit vers 07H00 (05H00 GMT) à l'AFP Johannes Ndebele, un mineur, alors que des travailleurs se dirigeaient vers l'entrée, contrôlée par des vigiles armés.

"La police nous a dit de ne pas traîner en groupes autour de la mine, ils disent que c'est pour notre sécurité", a-t-il ajouté.

"J'ai décidé de reprendre le travail, parce que la grève n'a rien donné, mais d'autres gars au foyer (où il loge) veulent continuer la grève, ils disent qu'ils veulent l'argent", ajoute-t-il, en référence aux revendications salariales à l'origine du mouvement lancé le 10 août.

Selon le quotidien The Star, les rapports d'autopsie concernant la plupart des morts de Marikana montrent qu'ils ont été abattus dans le dos.

"Les rapports d'autopsie indiquent que la plupart des gens fuyaient la police quand ils ont été tués", a indiqué au journal de Johannesburg une source anonyme proche de l'enquête.

Les autorités se sont refusées à tout commentaire, une commission d'enquête spéciale ayant été chargée par le président Jacob Zuma de faire toute la lumière sur la mort des 44 victimes de Marikana.

Les policiers plaident la légitime défense, la foule hostile qui s'était avancée vers eux le 16 août étant armés de machettes, de gourdins et d'armes à feu.

Les quelque 250 grévistes arrêtés après la fusillade devaient être traduits en justice lundi sur des accusations allant de violence publique à meurtre. L'audience n'avait toujours pas commencé à la mi-journée, la cour butant sur des questions de procédure.

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