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Création d'une plateforme pour protéger les lanceurs d'alerte en Afrique

Une plateforme pour protéger les lanceurs d'alerte en Afrique a été lancée ce mardi 7 mars à Dakar au Sénégal pour apporter la "sécurité" à ceux qui dénoncent des fraudes contre l'intérêt général, mais sont souvent menacés.

La Plateforme de protection des lanceurs d'alerte en Afrique (PPLAAF), qui est une ONG, a été présentée lors d'une conférence de presse animée par ses créateurs, l'avocat français William Bourdon, le magistrat espagnol Baltazar Garzon et Alioune Tine, responsable d'Amnesty International pour l'Afrique de l'Ouest et du centre.

Un lanceur d'alerte est "un citoyen qui rend public des actes dissimulés de corruption, d'injustice, d'abus de pouvoir ou de menaces à la santé publique", selon l'ONG qui met à la disposition de ses potentiels utilisateurs un site internet et une ligne téléphonique protégés, des juristes pour les accompagner dans leur travail pendant et après le lancement d'alerte.

"Nous avons décidé de les protéger ici en Afrique, le continent où ils sont les moins protégés et courent plus de risque d'être" arrêtés ou poursuivis, a déclaré William Bourdon, président de l'organisation. La plateforme "est une grande aventure au service des citoyens africains, l'alliée naturelle de tous les printemps africains", a-t-il ajouté.

"La société civile et les organisations internationales ont l'obligation de protéger les lanceurs d'alerte, ces héros des temps modernes" qui, "pour la défense de l'intérêt général, risquent la prison, et parfois la mort", a indiqué pour sa part M. Tine.

La nouvelle ONG est "un mécanisme et un moyen de protection nécessaires pour que ces personnes puissent continuer" leur travail d'autant plus que "dans beaucoup de pays, il n'y a pas de volonté de lutter contre la corruption", a déclaré de son côté M. Garzon, ancienne vedette des juges d'instruction espagnols qui avait fait la Une en obtenant brièvement la détention de l'ancien dictateur chilien Augusto Pinochet en 1998 à Londres.

Enfin, la plateforme "encourage les Etats africains à se doter de lois fortes de protection des lanceurs d'alerte". "Il faut que la loi sanctionne les employeurs qui exercent des représailles contre les lanceurs d'alerte", a ajouté Me Bourdon.

Une plateforme identique AfriLeaks a déjà été mis en place en janvier 2015, à la différence que celle-ci met en relation les détenteurs d'informations sensibles avec les médias africains. Elle se présente comme une "boîte aux lettres" ultrasécurisée permettant à des lanceurs d’alerte de poster des documents et d’entrer directement en relation, en toute confidentialité ou de manière anonyme, avec un ou plusieurs journaux de son choix. Une douzaine de titres de presse africains en anglais et quelques ONG se sont associés au projet.

Pour autant, les deux plateforme s'accordent lorsqu'il s'agit de dénoncer les risques encourus par les lanceurs d'alerte, notamment en Afrique où très souvent les affaires de corruption ou de violations des droits de l’homme ne sont pas signalées en raison de ces risques. Mais, un pays a décidé de les honorer afin de les encourager à poursuivre leurs efforts : la Tunisie.

Six ans après le Printemps arabe qui dénonçait notamment le ras-le-bol des Tunisiens face à la dictature et la corruption du régime Ben Ali, le constat est amer : la corruption d'État de cet époque a laissé place à une banalisation de la "petite corruption" dans toutes les sphères de la vie quotidienne.

C'est pourquoi, l'Instance nationale de lutte contre la corruption (Inlucc) s'est associé à l'ONG I-Watch, spécialisée dans le combat anticorruption, pour éradiquer ce fléau qui a atteint un stade "épidémique" et freine la relance économique, selon le chef de l'Inlucc.

Ainsi, fin janvier 2017, lors d'une cérémonie inédite, cet organisme qui centralise désormais l'ensemble des moyens de l'État, a récompensé dix "lanceurs d'alerte" dans des affaires de corruption afin de tenter de briser le mur du silence autour de cette question en incitant les Tunisiens à surmonter leurs craintes de représailles et à dénoncer les abus.

Par ailleurs, afin de renforcer la protection des lanceurs d'alerte, un projet de loi est à l'étude au Parlement tunisien.

"L'idée est de leur donner du courage, et de prouver qu'on est en guerre ouverte" contre la corruption afin de faire "changer la peur de camp", a déclaré à l'AFP la coordinatrice d'I-Watch, Henda Faleh.
Un encouragement absolument nécessaire car en Tunisie, comme dans beaucoup d'autres pays africains, les victimes et témoins de cas de corruption ont souvent peur de les dénoncer, se sentant vulnérables face à l'absence de lois en leur faveur.



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