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Gambie: État d'urgence à 2 jours de l'investiture d'Adama Barrow

Le président gambien sortant Yahya Jammeh a proclamé ce mardi 17 janvier l'état d'urgence, à deux jours de l'investiture prévue de son successeur élu, Adama Barrow. Il a dénoncé à la télévision "un niveau d'ingérence étrangère exceptionnel et sans précédent" dans le processus électoral et les affaires de la Gambie, ainsi que "l'atmosphère hostile injustifiée qui menace la souveraineté, la paix et la stabilité du pays".

De plus en plus isolé et soumis à des pressions internationales croissantes, depuis qu'il a annoncé le 9 décembre qu'il ne reconnaissait plus les résultats de la présidentielle, M. Jammeh semble jouer sa dernière carte. Au pouvoir depuis 22 ans, il affirme vouloir rester en place tant que la justice n'aura pas statué sur ses recours. Il avait pourtant reconnu et félicité M. Barrow pour sa victoire peu de temps après la proclamation des résultats de la présidentielle du 1er décembre.

Quoi qu'il en soit, depuis qu'il plongé ce pays d'Afrique de l'Ouest enclavé dans le Sénégal dans une grave crise, il subit les pressions internationales pour qu'il cède le pouvoir jeudi après l'expiration de son mandat. Ainsi, la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao) dont la Gambie fait partie, a prévenu à plusieurs reprises qu'elle pourrait avoir recours à la force en dernier ressort. En attendant, inquiète pour la sécurité de M. Barrow, elle a demandé au Sénégal de l'accueillir jusqu'à son investiture ce 19 janvier. Mais le nouveau président élu a assuré qu'il serait dans son pays pour prêter serment et prendre ses fonctions.

Selon la Constitution gambienne, l'état d'urgence dure sept jours lorsqu'il est proclamé par le chef de l'État, mais peut être porté à 90 jours avec l'approbation de l'Assemblée nationale. L'annonce a été formulée en des termes très généraux, prévenant la population qu'il était "interdit de se livrer à des actes de désobéissance aux lois gambiennes, à l'incitation à la violence, ou troublant la paix et l'ordre public". Le chef de l'État sortant a également ordonné aux forces de sécurité de maintenir la paix et l'ordre.

Face aux risques de guerre civile ou d'intervention militaire extérieure à l'approche de l'échéance de jeudi, le flot de Gambiens quittant le pays ne cesse de grossir. Cela aurait par ailleurs, incité le Maroc à intervenir en menant une "médiation discrète de la dernière chance" par l'entremise de son ministre délégué aux Affaires étrangères, Nasser Bourita, et Yassine Mansouri, chef des services de renseignements extérieurs du royaume, selon un site d'information en ligne marocain, Le Desk.

L'objectif de cette "mission délicate à Banjul" menée depuis quelques jours, serait de persuader le chef de l'État gambien de "céder le pouvoir" et "d'accepter sa défaite aux élections contre l'éventualité d'une retraite dorée au Maroc", affirme Le Desk, qui cite des "sources diplomatiques concordantes". Cette médiation intervient après l'échec de l'initiative du Nigeria et de la Cedeao, selon ce même site d'information. Cependant, contacté par l'AFP pour confirmer ces informations, le ministère marocain des Affaires étrangères n'a pas donné suite.

À deux semaines du sommet des chefs d'État de l'Union africaine (UA), fin janvier à Addis Abeba (Éthiopie), une réunion cruciale pour Rabat qui doit y obtenir la réponse quant à son retour au sein de l'organisation continentale, une telle intervention ne serait pas surprenante. Et pour cause, depuis l'annonce en juillet 2016 de sa volonté de réintégrer l'UA, le Maroc mène une vaste offensive diplomatique pour baliser le terrain et le roi Mohammed VI a enchaîné les tournées en Afrique, mettant en avant son "engagement" en faveur du continent. Sans oublier que Rabat entretient historiquement de bonnes relations avec la Gambie. Une médiation diplomatique en Gambie est une "carte à jouer à la veille du sommet" de l'UA et un succès "assurerait au roi un statut de faiseur de paix appréciable", conclut ainsi Le Desk.



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