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Matières premières – Le Canada dans la tourmente

Alors que l’année 2016 s’annonce déjà décevante pour l’économie mondiale, le Canada n’est pas épargné. Puissance énergétique reconnue, il souffre bien sûr de la chute brutale des prix du brut, mais il y a pire. Le pays à la feuille d’érable exporte beaucoup de matières premières, énormément même. Et la baisse continue des cours actuels lui met du plomb dans l’aile et le tourmente durablement.

De mauvaises qu’elles étaient, les prévisions économiques canadiennes pour 2016 sont devenues désastreuses, une croissance qui risque même de s’avérer encore plus faible que l’année précédente. La baisse généralisée des prix des matières premières fait extrêmement mal au Canada qui est un des plus grands exportateurs mondiaux. Et ces contrecoups ne sont pas récents. Dès le tournant de la nouvelle année, les économistes de chaque grande banque canadienne révisait déjà à la baisse leurs prévisions.

Fin janvier dernier, Marchés mondiaux CIBC abaissait ses prévisions 2016 pour la seconde fois en moins d’un mois, estimant la progression du PIB canadien à 1,3 % cette année contre une croissance de 1,7 % prévu quelques semaines plus tôt. Et le message lancé par l’économiste en chef de la CIBC, Avery Shenfeld, était clair : la chute persistante des cours des matières premières, pétrole en tête, forçait déjà la révision des scénarios. « Il est inhabituel pour nous de réévaluer les perspectives d’une année complète à peine un mois après les avoir publiées, mais d’un autre côté, nous traversons une période inhabituelle, a soulignait dans les pages du quotidien Le Devoir l’économiste le 29 janvier dernier. Même si le PIB du pays est moins lourdement exposé au secteur des ressources naturelles qu’il ne l’était il y a un an, nous n’en sommes qu’aux premières étapes des effets négatifs de débordement dans les autres secteurs. »

Autre grande banque, même délicat constat. Dans une étude spéciale publiée la même semaine, les économistes de la Financière Banque Nationale (FBN) ne cachaient pas leur pessimisme. « Croyez-le ou non, en termes de croissance économique, 2016 pourrait finir par être pire que 2015, qui était déjà le plus mauvais millésime en six ans, avertissaient Krishen Rangasamy et Warren Lovely, toujours dans Le Devoir. Une nouvelle révision à la baisse de nos prévisions pour 2016 situe la croissance nationale à 0,9 % à peine [contre 1,6 % prévu précédemment et 1,2 % estimé pour 2015] [...] Et même cette prévision pourrait encore baisser, notamment si le cours du brut ne remonte pas vers notre objectif de fin d’année de 40 $US le baril. »

Quelques semaines plus tôt, le 6 janvier et dans les pages du même quotidien, c’était cette fois au tour de l’économiste en chef de la Banque de Montréal d’annoncer des temps durs à l’horizon en s’inquiétant de voir la monnaie canadienne à son plus bas niveau depuis 2003. « La dernière ligne de défense pour le dollar canadien serait une certaine stabilité dans les prix du pétrole et des ressources, et nous ne nous attendons tout simplement pas à cette stabilité dans les quelques prochains mois. »

Vrai que le baril a repris quelques plumes ces dernières semaines, frôlant même les 50 $US le baril, mais le Canada n’en profite pas actuellement en raison de l’arrêt forcé d’une grande partie de sa production paralysée par les terribles feux de forêts en Alberta. Une reprise dont il aurait bien besoin, mais une reprise qui contribuera à une nouvelle baisse des prix grâce aux 1,5 millions de barils quotidiens qui retrouveront un marché déjà saturé. Le dilemme canadien reste donc entier.

Investir pour stimuler

Croissance famélique, économies émergentes fragilisées, les maux planétaires sont nombreux et tous ne s’entendent pas sur les solutions à adopter. C’était particulièrement évident à l’occasion du dernier sommet du G7 tenu au Japon où le pays hôte, appuyé par le Canada, a prôné des investissements publics massifs pour relancer et soutenir l’économie mondiale. Un diagnostique auquel sont opposées d’autres grandes nations comme l’Allemagne ou le Royaume-Uni.

Parmi les partisans de la « dépense », on retrouve entre autres l’OCDE, l’Organisation de coopération et développement économique, qui estime que les États doivent agir, notamment grâce à leur capacité d’emprunter à long terme à de faibles taux d’intérêt. « Un engagement à augmenter collectivement l’investissement public donnerait une impulsion à la demande tout en restant sur un rythme budgétaire soutenable », expliquait en février l’organisme international. Et c’est exactement ce que compte faire le gouvernement libéral de Justin Trudeau pour relancer l’économie canadienne.

Ottawa investira donc la somme record de 120 milliards de dollars sur 10 ans dans la nécessaire modernisation de ses infrastructures, un plan sensé stimuler l’économie nationale sur le long terme. On parle ici de remise à niveau des réseaux de transport en commun, ainsi que des réseaux d’aqueducs et d’eaux usées. Également, une bonification de l’offre de logements abordables, en plus de protéger les infrastructures existantes contre les effets des changements climatiques. D’autres sommes seront également investies dans l'infrastructure sociale, le transport en commun neuf et l'infrastructure verte.

Un plan qualifié d’ambitieux par certains, de catastrophique pour les finances publiques par d’autres. Mais les experts s’entendent pour dire que le Canada, pays le moins endetté du G7, peut se le permettre et pourrait même voir une légère hausse du prix de l’or noir venir financer complètement l’effort sur 10 ans. Le risque prit par Justin Trudeau semble donc bien calculer. Ce qui est certain, c’est que le Canada doit continuer de réduire sa dépendance aux cours des matières premières et c’est ce que permet ce plan.



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