Dlamini-Zuma et l’Afrique économique : le continent de toutes les possibilités

Envoyer Imprimer PDF

Dlamini ZumaNouvellement élue à la tête de l’Union africaine, la Sud-Africaine Nkosazana Dlamini-Zuma peut sourire et entrevoir avec optimisme le futur économique du continent à l’horizon 2020. Et les raisons ne manquent pas. L’Afrique, avec tout le potentiel qu’elle renferme, se pose comme véritable Eldorado mondial de la croissance des prochaines décennies.

Affichant la deuxième plus importante croissance économique (2000-2010) parmi les régions de la planète, l’Afrique a fait abstraction de la crise économique et poursuivi son essor (5,1%, tout juste derrière l’Asie à 8,6%). Tout un chacun est bien au fait des importantes sources de matières premières que le continent possède. Mais pour passer au niveau supérieur, le développement de l’Afrique devra se tourner vers les deuxième et troisième transformations, des secteurs générateurs d’emplois de qualité et mieux rémunérés.

Le « Rapport Économique sur l’Afrique 2011 » le souligne : si les matières premières attirent les investissements des grandes puissances mondiales sur le continent malgré la récession, c’est aux échelons supérieurs de la transformation que se trouve le salut africain.

«?Les entrées d’IDE [investissements directs étrangers] vers le continent ont connu une baisse suite à la crise, mais les IDE ont augmenté dans l’industrie de l’extraction, attirés par les grands retours prévus.?La maîtrise complète du potentiel des IDE et d’autres ressources financières exigent des économies africaines qu’elles dirigent ces entrées vers les infrastructures et l’industrie de transformation.?»

Et le mouvement est déjà enclenché. Selon le McKinsey Global Institute (MGI), le continent noir connaîtra d’ici 2020 d’importants changements démographiques qui devraient lui permettre de prendre la place qui lui revient sur l’échiquier mondial.

Le nombre de travailleurs atteindra 500 millions (122 millions de plus qu’en 2011), plus que dans n’importe quelle autre région du monde, et 50% d’entre eux auront une éducation de niveau secondaire ou supérieur. Le nombre de foyers consommateurs dépassera les 130 millions et 72 millions d’emplois bien rémunérés seront créés d’ici la fin de la décennie, principalement dans les secteurs où le continent dispose d’un fort avantage comparatif  (agriculture, industrie, commerce de détail et l'hôtellerie).

Bref, le « success story » économique africain est bien en marche. Ses décideurs devront maintenant choisir les grandes orientations que souhaite prendre l’Afrique.

Défis et choix

Le MGI prévient aussi que plusieurs défis et conditions devront être abordés : « l’adoption par les pouvoirs publics de stratégies économiques inclusives, intensives en main d’œuvre, et la levée des entraves à la croissance du secteur privé ».

Comme dans toutes les grandes économies mondiales, la croissance africaine passe inévitablement par le développement du secteur privé générateur d’emplois. Si les possibilités semblent infinies en Afrique, certains obstacles subsistent encore.

Parmi les principaux freins à l’essor d’un secteur privé puissant cités par le Rapport du MGI, notons principalement les risques liés à l’instabilité politique, les difficultés d’accès au financement, le manque d’infrastructures et l’acquisition de formations et compétences qui répondent aux besoins des entreprises. C’est sur ces questions fondamentales que l’Union africaine et ses États membres doivent agir.

« Se concentrer sur la croissance du produit intérieur brut à elle seule ne suffira pas à transformer fondamentalement la structure de l'emploi en Afrique ou à assurer une croissance inclusive et de plus larges opportunités pour les populations africaines. Pour permettre à la croissance de créer des emplois, les dirigeants africains devraient se concentrer sur les réformes de l'environnement des affaires dans les secteurs intensifs en main d’œuvre », conseillent les auteurs du rapport.

Les besoins sont clairement énoncés, les atouts pour les combler sont présents. Il appartient maintenant aux différents gouvernements de joindre en ces matières l’action aux bonnes intentions.

Banque centrale et monnaie unique ?

L’idée d’une Banque centrale africaine et d’une monnaie unique ne date pas d’hier. L’UA prévoit sa mise en place en 2020 avec un siège social établi au Nigeria. Malgré la complexité du processus, l’idée fait son chemin.

« Une Banque centrale africaine n'est pas une chose facile. Le projet doit obtenir l'adhésion de tous les pays sur cette question, car elle implique une certaine perte de souveraineté. Nous avons des discussions houleuses avec l'Association des gouverneurs des Banques centrales africaines sur la question », déclarait en janvier 2012 à un panel de journalistes Maxwell Mkwezalamba, commissaire aux Affaires économiques de l’UA.

Mais les avantages de telles mesures sont nombreux. De telles instances (Banque et monnaie unique) permettraient à la plupart des États africains de commercer entre eux plus librement et avec moins d’entraves, tout en contribuant à la réduction des pertes liées aux différents taux de change. Avec comme tableau de fond la crise de la dette européenne, la création d’une Banque centrale est vue comme un rempart économique.

« Nous avons retenu de la crise de la dette européenne la leçon suivante: la nécessité d'une Banque centrale africaine et de la monnaie unique. Notre travail sur cette banque prendra en considération ces questions », a ajouté le commissaire aux Affaires économiques de l'UA.

En tant que premier partenaire économique de l’Afrique, l’Union européenne pèse et pèsera encore lourd en 2020 sur l’économie africaine. Mais les générations de décideurs qui présideront à leurs destinées et relations bilatérales auront un point commun : elles seront toutes deux nées après la décolonisation. Ce qui, assurément, permet d’entrevoir de nouveaux rapports entre les deux continents. Une étroite collaboration économique entre les deux ensembles étatiques semble aujourd’hui tout à fait à propos. Ce sera encore plus vrai en 2020.

Dlamini-Zuma et l’Afrique économique : le continent de toutes les possibilités
 
 
 
 

AE ENTREPRISE

AEInc_logo11

Afrique Expansion Inc.

Créée en 1995, Afrique Expansion Inc. est une firme de consultants en communication et développement international dont la mission est de promouvoir les relations et les partenariats d’affaires entre les entreprises canadiennes et africaines.

+ Plus d'info...

AE MAGAZINE

AEmag_logo11

Afrique Expansion Magazine


Depuis 12 ans, Afrique Expansion Magazine est une revue internationale des affaires qui fait la promotion des échanges commerciaux et des partenariats d’affaires entre l’Afrique et les Amériques...

+ Plus d'info...

FORUM AFRICA

ForumAfrica_logo11

Forum Africa


Rendez-vous d’affaires Organisé par Afrique Expansion Magazine. Il réunit des entrepreneurs, personnalités politiques et dirigeants d’organismes publics et privés...

+ Plus d'info...

Contact

Afrique Expansion Magazine.
Revue des affaires et des partenariats Nord-Sud
Une publication du groupe Geramcommunications

  • Tel: +1 (450) 902-0527
  • Fax: +1 (514) 393-9024
  • Équipe

Afrique Expansion Magazine