Dlamini-Zuma et l'Afrique économique : L’Afrique et le commerce international

Envoyer Imprimer PDF

home_18oct12petitFace à plusieurs formulations, dont celles du Nouveau Partenariat pour le Développement de l'Afrique (NEPAD) ou du Programme de Doha pour le développement (ADD), des efforts ont été faits pour changer la donne économique du continent. Avec des résultats mitigés qui tiennent encore l’Afrique loin des meneurs du jeu commercial mondial.

Dans un rapport d’étape produit il y a deux ans, l’Organisation pour le commerce et le développement (OCDE) indiquait que l’Afrique avait réalisé des progrès significatifs en matière de politique commerciale. Les tarifs moyens africains sont désormais similaires à ceux des autres pays en développement et les restrictions quantitatives ont été largement limitées. Les taxes à l’exportation ont été largement supprimées et des réformes ont été menées afin d’augmenter la compétitivité et d’investir dans des mesures de facilitation du commerce incluant la réforme de l’administration douanière. L’investissement en matière d’infrastructures s’est également accéléré et des avancées significatives ont été réalisées concernant l’intégration régionale.

Toutefois, des problèmes majeurs liés à l’offre et à la compétitivité demeurent, et des efforts supplémentaires sont nécessaires afin de les résoudre, de mettre en place (aux niveaux national et régional) des mesures de facilitation du commerce, de renforcer le processus d’intégration régionale et de répondre aux contraintes liées aux infrastructures.

Aujourd’hui, la contribution de l’Afrique au commerce international reste marginale. Pour le groupe Perspectives économiques en Afrique (PÉA) qui en fait une analyse sur les trois dernières années, les exportations de marchandises du continent africain ont bondi de 25% en 2010, par rapport à une moyenne mondiale de 21%, après les mauvais résultats de 2009 liés à la crise financière. Les importations africaines ayant progressé de 15.6%, l’excédent du solde extérieur s’établit donc à 5 milliards $US. L’Afrique a maintenu une part de 3.2% dans les échanges mondiaux.

Les analystes du groupe expliquent que l’absence d’éléments à valeur ajoutée dans le portefeuille d’exportations de l’Afrique, majoritairement axé sur les matières premières, rend la fortune commerciale du continent sensible aux chocs sur ces produits. L’excédent des matières premières finance le déficit des produits manufacturés et alimentaires, ce qui rappelle à quel point la diversification des exportations est essentielle.

Mais les échanges de services ont progressé, signe du potentiel grandissant du continent. Les exportations de services commerciaux ont crû de 12% en 2010 par rapport à 2009. Les voyages et le tourisme se sont taillé la part du lion, bondissant de 50%, l’Afrique du Sud en bénéficiant à plein grâce à la Coupe du monde de football de 2010.

Dans le même sens, la multiplication des opportunités de la coopération Sud-Sud accélère favorablement la diversification du marché africain et l’investissement, surtout face au ralentissement économique aux États-Unis et en Europe. On notera ici que la part de la Chine dans les exportations africaines a grimpé de 3 à 13% entre 2000 et 2010, celle de l’Inde passant de 3 à 4%. Les marchés européens ayant par contre représenté 34% des exportations en 2010, contre 46% dix ans auparavant et la part des États-Unis restant stable à 18%.

Ces chiffres, issus des statistiques de la Conférence des nations-unies sur le commerce et le développement (CNUCED) et du Fonds monétaire international (FMI), indiquent que les importations africaines ont suivi une trajectoire semblable, la part de l’Europe et des États-Unis reculant respectivement de 19 à 13% et de 37 à 34% sur la décennie. La Chine a représenté 9% des importations africaines, contre 3% auparavant, et l’Inde a doublé sa part, de 1 à 2%. Surtout, les importations chinoises de minerais et de pétrole en provenance d’Afrique ont considérablement augmenté. La Chine représentait 5% des exportations africaines de minerai et de pétrole en 1995 mais pratiquement 25% en 2010. Les liens entre l’Afrique et l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis (EAU), l’Indonésie, la Malaisie et la Thaïlande se sont aussi développés, ces marchés ayant absorbé une part supérieure de produits à plus forte valeur ajoutée venus d’Afrique.

Face à la mouvance incessante du paysage commercial mondial, les Africains doivent absolument établir des stratégies de moyen et long terme avec les pays émergents pour bénéficier de couloirs de négoce. Toutes les analyses le démontrent avec, cependant, le risque de se voir confiner à ces échanges et perdre les débouchés traditionnels à forte valeur ajoutée que représentent l’Europe et les Amériques.

Pour Perspectives économiques en Afrique, la route vers une nouvelle donne commerciale internationale est encore longue. L’Afrique doit, entre autres, arriver à améliorer son accès en franchise de droits et de quotas, à optimiser les règles d’origine pour le coton, à revoir les dispositions pour le traitement spécial et différencié (TSD) et à approfondir l’accès au marché pour ses produits agricoles et non agricoles comme pour ses services.

Ce ne sera pas facile, car on constate que les accords de partenariat économique (APE) n’ont guère progressé en 2011 et en septembre de la même année, la Commission européenne (CE) a annoncé qu’elle révoquerait les clauses de la législation réglementant l’accès au marché pour les pays qui n’auraient pas ratifié et mis en œuvre les accords de partenariat avant  janvier 2014. Certains perdraient alors leur accès préférentiel aux marchés de l’Union européenne (UE). Or à l’heure actuelle, seulement la moitié des 36 pays qui se sont engagés dans un APE ont ratifié les accords.

Les experts indiquent donc que face à cette nouvelle donne, l’Afrique a insisté sur l’importance des accords pour le développement ce qui, selon ses dirigeants, devrait laisser une marge de manœuvre politique pour poursuivre l’industrialisation et la transformation structurelle, deux objectifs impératifs. Mais plusieurs craignent  que des accords précipités ne freinent l’intégration régionale du continent.

En conclusion, le groupe PÉA qui combine l’expertise de la Banque africaine de développement, du Centre de développement de l’OCDE, de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique, du Programme des Nations Unies pour le développement, indique que l’Afrique devra se pencher à nouveau sur cette question. En partie à cause des résultats des accords et également à cause de la nature différente de la position de chaque pays dans les différentes organisations sous-régionales. La relance du commerce infra-africain et les économies d'échelles ainsi réalisées représentent peut-être le seul moyen susceptible de libérer le potentiel de l’Afrique, et de la rendre plus compétitive dans l'économie mondiale.

Dlamini-Zuma et l'Afrique économique : L’Afrique et le commerce international
 
 
 
 

AE ENTREPRISE

AEInc_logo11

Afrique Expansion Inc.

Créée en 1995, Afrique Expansion Inc. est une firme de consultants en communication et développement international dont la mission est de promouvoir les relations et les partenariats d’affaires entre les entreprises canadiennes et africaines.

+ Plus d'info...

AE MAGAZINE

AEmag_logo11

Afrique Expansion Magazine


Depuis 12 ans, Afrique Expansion Magazine est une revue internationale des affaires qui fait la promotion des échanges commerciaux et des partenariats d’affaires entre l’Afrique et les Amériques...

+ Plus d'info...

FORUM AFRICA

ForumAfrica_logo11

Forum Africa


Rendez-vous d’affaires Organisé par Afrique Expansion Magazine. Il réunit des entrepreneurs, personnalités politiques et dirigeants d’organismes publics et privés...

+ Plus d'info...

Contact

Afrique Expansion Magazine.
Revue des affaires et des partenariats Nord-Sud
Une publication du groupe Geramcommunications

  • Tel: +1 (450) 902-0527
  • Fax: +1 (514) 393-9024
  • Équipe

Afrique Expansion Magazine