Bien que les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) soient encore hors de portée pour certains pays en Afrique alors que la course vers la dernière ligne droite est entamée, la plupart ont réalisé de remarquables avancées. Ainsi, l’édition 2012 du rapport des Nations Unies sur les OMD lancé en juillet dernier par son Secrétaire général Ban Ki-moon, soulignait que trois cibles importantes ont été atteintes, trois ans avant l’échéance de 2015. Il s’agit de la réduction de moitié de la pauvreté extrême, de l’amélioration des conditions de vie de plus de 200 millions d’habitants des bidonvilles et de la réduction de moitié du nombre de personnes qui n’a pas accès à l’eau.
À l’origine de ces progrès quelque peu remarquables, la vague de démocratisation sur le plan politique qui s’est traduite par de meilleures politiques économiques qui ont conduit à une plus grande ouverture des économies au marché, à un recul de l’inflation et à une discipline budgétaire accrue. Il faut ajouter à cela, la réduction du fardeau de la dette due essentiellement à l’important allègement financier consenti à la plupart des pays africains. Ainsi, beaucoup s’accordent pour affirmer que les résultats obtenus par l’Afrique dans le domaine des OMD sont relativement positifs et vont dans la bonne direction, même si ces progrès sont jugés trop lents et inégaux selon les pays.
Que ce soit du côté des institutions internationales ou régionales, nombreux sont donc ceux qui pensent que ces progrès de l’Afrique dans la réalisation des OMD, réels mais contrastés, se sont accompagnés d’une accélération de la croissance durant la dernière décennie, et cela en dépit du fléchissement enregistré pendant les crises financières et économiques mondiales. Les perspectives économiques à moyen terme du continent africain restent encourageantes. La croissance estimée à 4,3 % en 2012 devrait atteindre 5,2 % en 2013. Pour autant, cette croissance positive ne s’est pas traduite par une création d’emplois et une réduction de la pauvreté car elle n’a pas atteint le seuil de 7% nécessaire pour réduire la pauvreté extrême de moitié d’ici à 2015. Mais, selon les récents résultats de la croissance économique et les tendances prévues, cette dernière devrait tout de même descendre sous la barre de 36% d’ici l’échéance annoncée.
Par ailleurs, la proportion des Africains (hormis ceux d’Afrique du Nord) ayant un revenu inférieur à 1,25 dollar par jour a légèrement baissé, passant de 58% en 1990 à 51 % en 2005 (ONU, 2011). De même, notons que cette croissance économique relativement bonne et des interventions du législateur ont permis au continent africain de réduire significativement entre 2003 et 2008, la part des travailleurs pauvres de 63% à 58,5% par rapport à l’ensemble des travailleurs. Et la part des emplois précaires est tombée de 79,5% en 2000 à 75,8% en 2009.
Enfin, malgré ces progrès soulignés par de nombreux rapports dont celui de la Commission de l’Union africaine, la Banque africaine de développement, la Commission économique pour l’Afrique et le PNUD, il est clairement établi que l’Afrique a encore du chemin à parcourir pour atteindre ses objectifs à l’horizon de 2015. Ainsi, ce rapport intitulé « Évaluation des progrès accomplis en Afrique dans la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement » note qu’un certain nombre de facteurs extérieurs pourrait sérieusement menacer l’aptitude de la région à progresser sur la voie de la réalisation des OMD. Il cite, entre autres, la volatilité des prix alimentaires qui présente des difficultés pour cette partie du monde qui s’efforce encore de parvenir à la sécurité alimentaire pour tous. L’incertitude du relèvement de la crise financière et économique mondiale qui continue de se faire sentir sur l’économie africaine est un autre facteur important, tout comme les effets des changements climatiques qui, à long terme, menacent la durabilité des progrès réalisés.
Pour accélérer les progrès de la réalisation des OMD au cours des trois prochaines années, le rapport propose donc un programme d’action qui comporte de larges interventions afin de créer un environnement propice à une croissance inclusive. Il recommande ainsi de continuer d’appliquer des politiques macroéconomiques saines, de promouvoir une croissance avec création d’emplois, d’accroître la productivité agricole et d’offrir des opportunités aux groupes vulnérables, y compris les femmes. Le rapport souligne également la nécessité de forger des partenariats avec le secteur privé, la société civile et les partenaires au développement.


























